Jürgen Boos : pourquoi Francfort change | Livres Hebdo

Par Fabrice Piault, le 02.05.2014 (mis à jour le 02.05.2014 à 10h38) Manifestation

Jürgen Boos : pourquoi Francfort change

Jürgen Boos. - Photo © FRANKFURT BOOK FAIR/PETER HIRTH

Pour le directeur de la Foire internationale du livre, la réorganisation, en 2015, des surfaces d’exposition est rendue nécessaire par la plus grande ouverture des éditeurs anglophones aux achats de droits étrangers.

Pour sa 67e édition, du 14 au 18 octobre 2015, la Foire de Francfort aura changé de physionomie. L’immense hall 8 ne sera plus utilisé. Les éditeurs anglophones, qui s’y retrouveront encore en octobre prochain, seront installés l’année suivante dans le hall 6, actuellement occupé par les Français, les Néerlandais, les Chinois ou les Coréens, eux-mêmes déplacés vers les autres pavillons. Pourquoi provoquer un tel jeu de chaises musicales ? "La demande est venue des exposants du hall 8, qui se sentaient très isolés par rapport au reste de l’édition mondiale, assure à Livres Hebdo le directeur de la grande manifestation professionnelle mondiale, Jürgen Boos. Ils ont fait valoir que le secteur avait changé et était devenu plus mondialisé. Ils sont aujourd’hui plus intéressés que par le passé par l’achat de droits aux éditeurs dans d’autres langues. L’enjeu est vraiment d’intégrer les exposants du hall 8 pour accompagner l’internationalisation croissante du monde du livre." Alors qu’il faut actuellement compter jusqu’à 20 minutes pour se rendre d’un stand américain à un stand allemand ou italien, "toutes les connexions pourront s’effectuer en cinq minutes au maximum", promet-il. Et de se réjouir que l’ensemble des exposants soient rassemblés dans les halls 3, 4, 5 et 6 entourant l’Agora à ciel ouvert qui marque le cœur de la foire. La surface d’exposition sera-t-elle ainsi réduite ? "Non, estime Jürgen Boos. Deux étages du hall 6 n’étaient pas utilisés. La foire sera plus concentrée, mais nous comptons vendre autant de mètres carrés, d’autant que le hall 1, tout proche, pourrait accueillir les exposants de la sphère technologique."

Les Français au hall 5

Pour leur part, les Français, actuellement au hall 6.1, migreront au 5.1, un point de chute accordé après de longues négociations avec le Bief. "Cela ne constituera pas un très grand changement pour eux, fait valoir le directeur de la Foire. C’est au même niveau." En outre, après le ravalement du hall 6, le hall 5, qui accueillera aussi Italiens, Espagnols, Latino-Américains, Néerlandais, Scandinaves ou encore Européens de l’Est, "doit également faire l’objet de travaux qui amélioreront notamment la climatisation et les toilettes".

"Les gens détestent le changement", admet Jürgen Boos qui, instruit des tensions provoquées par les précédentes restructurations, s’est donné cette fois "trois ans pour aboutir au nouveau plan". "Nous discutons depuis l’automne 2012 avec les responsables des grands stands collectifs internationaux comme avec les principaux groupes d’édition généralistes, explique le directeur de la Foire de Francfort. Dans les quinze jours qui viennent, nous allons écrire à tous les exposants et recueillir leurs avis. Il va notamment nous falloir répartir sur les quatre niveaux du hall 6 les exposants anglophones qui n’en occupaient qu’un seul au hall 8."

Jean-Guy Boin (Bief) : la meilleure des solutions

Pour le directeur général du Bureau international de l’édition française (Bief), Jean-Guy Boin, chargé du stand collectif français à la Foire de Francfort, "dès lors que la décision avait été prise que les Français quittaient le hall 6 pour laisser la place aux Anglo-Saxons et aux agents, la meilleure des solutions, celle que nous avons négociée, était qu’ils soient au hall 5, et évidemment au niveau 1, car cela leur permet de rester au carrefour des échanges. Les organisateurs nous ont annoncé que la configuration de l’ensemble des stands français serait, dans le hall 5, du même ordre que celle qui prévaut actuellement dans le hall 6, poursuit-il, et qu’ils régleraient les points techniques avec chacun des exposants."

D’autres changements sont prévus simultanément. Un nouvel accès à la foire sera ménagé entre les halls 1 et 3. L’Agora jouera un rôle plus important : "Nous y construirons des espaces de conférences", annonce Jürgen Boos. Surtout, poursuit-il, "nous voulons bien distinguer la foire professionnelle internationale, B2B, pendant la semaine, de la manifestation grand public allemande, durant le week-end". Pour cela, "il faut créer des événements et des animations propres à chacune des dimensions de la foire. Nous allons travailler avec les exposants pour adapter la manifestation en fin de semaine, indique-t-il. D’une manière générale, nous travaillons beaucoup sur la programmation, ce qui a par exemple permis de déboucher sur la création, dès cette année, d’un Business club", qui offre aux professionnels la possibilité d’assister avec un seul ticket à l’ensemble des conférences et des rencontres professionnelles organisées pendant la foire. <

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