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"Actuellement, le manuel numérique est réalisé à partir du fichier conçu pour l'impression, et il faut refaire le travail pour chaque système d'exploitation ou terminal de lecture. Nous proposons de travailler les contenus directement dans notre base de données, à partir de laquelle ils seront publiables sur smartphones ou tablettes tactiles, quel que soit leur système d'exploitation, ou imprimés", explique François-Xavier Hussherr, directeur général et principal actionnaire de Gutenberg Technology. La société qui exploite la plateforme Gutenberg 3.0 a été créée en 2010. Financée à hauteur de 3 millions d'euros, elle s'affirme prête, avec cette technologie, à révolutionner la production de livres comme le premier imprimeur, dont elle a repris le nom, l'avait fait au XVe siècle.
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"Dans le cadre du grand emprunt, le consortium que nous avons monté avec Alcatel et Telecom Paristech a été sélectionné par l'Etat", se félicite François-Xavier Hussherr. Gutenberg Technology possède aussi une filiale, Lelivrescolaire.com, qui a déjà publié 7 titres et en publiera 5 autres d'ici à janvier (voir tableau p. 62), pour le collège uniquement et avant tout pour montrer que son système fonctionne. Plusieurs centaines d'auteurs-enseignants participent à leur réalisation. Mais si leur nombre fait penser au collectif de Wikipédia, tous sont payés, insiste le fondateur, lui même ancien enseignant en économie et normalien.
Les éditeurs auxquels ce projet a été présenté s'inquiètent de la maîtrise de la technologie et du stockage des contenus, qui ne seront plus sur leurs serveurs. "Ce type de réalisation suppose aussi une standardisation de nos maquettes à laquelle nous ne sommes pas prêts aujourd'hui, mais il faudra peut-être y venir", reconnaît Odile Mardon, directrice du département secondaire chez Hachette Education. Gutenberg, qui a ouvert un bureau aux Etats-Unis, a signé un premier contrat avec Pearson. Suivant le nombre de livres, le coût d'usage de la plateforme va de 600 à 15 000 euros. Les investisseurs se montrent déjà convaincus. La troisième augmentation de capital valorise l'entreprise à 9,7 millions d'euros. "D'ici à quatre ou cinq ans, le scolaire basculera dans le numérique, et ce sera alors très rapide", assure François-Xavier Hussherr.


