Un événement décisif plutôt qu'une période : tel est le parti pris de la collection de bandes dessinées historiques « Les Dates chocs de l'Histoire », que Grand Angle lance en septembre. Les deux premiers volumes, 11 novembre 1918. Au cœur de l'armistice et 28 octobre 1962. Au cœur de la crise de Cuba, sont scénarisés par Jean-Yves Le Naour et dessinés par Cédrick Le Bihan et Brice Goepfert.
Les deux premiers albums de la collection Les Dates chocs de l'Histoire, 11 novembre 1918 et 28 octobre 1962.- Photo GRAND ANGLEPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Une collection née d'un titre
La collection est née d'une idée de l'historien soumise à son éditeur. « J'ai proposé un titre, 11 novembre 1918, qui racontait l'armistice par ses coulisses et surtout du côté allemand », explique Jean-Yves Le Naour, historien spécialiste de la Première Guerre mondiale et scénariste de bande dessinée, joint par Livres Hebdo. De ce premier album isolé, l'éditeur a souhaité construire une collection.
Le moment plutôt que le personnage
La collection se distingue des précédents titres de Jean-Yves Le Naour chez Grand Angle par son objet. Là où Les Compagnons de la Libération ou Les Justes, lancée en août 2025, mettaient en scène des figures, héroïques ou anonymes, « Les Dates chocs de l'Histoire » s'attache à un instant. « Avant, on avait plutôt des récits incarnés autour d'un personnage, héros ou anti héros. Là, ce n'est plus le personnage qui compte, c'est le moment », précise Jean-Yves Le Naour, qui juge les deux collections « autonomes ».
Le choix des deux premiers événements procède d'une conviction. « Quand on fait de l'histoire, on la fait toujours au présent », affirme l'auteur, qui relie la crise de Cuba aux tensions nucléaires contemporaines. Reste la question de la mise en scène. « Il ne s'agit pas de faire un cours d'histoire, c'est de la BD », rappelle-t-il, entre rigueur de l'historien et liberté du scénariste : « À défaut du vrai, on fait du vraisemblable. » Il revendique des choix, non une manipulation : « J'essaie de raconter des histoires vraies, mais avec le souffle du récit, du romanesque ».
Extrait d'une planche de 11 novembre 1918.- Photo CÉDRICK LE BIHAN / GRAND ANGLEPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Un rythme de deux titres par an
Les albums, d'une soixantaine de pages, s'adressent aux lecteurs à partir du collège comme aux adultes. Jean-Yves Le Naour décrit un travail d'allers-retours avec les dessinateurs, à qui il laisse une large marge de manœuvre : « J'estime que ça nous appartient à tous les deux ». Sur les tirages, il renvoie à l'éditeur tout en avançant une cible : « On aimerait bien atteindre les 10 000 ».
La collection vise deux titres par an, la suite dépendant de l'accueil du public. Parmi les sujets envisagés, l'auteur cite le 9 novembre 1989 et la chute du mur de Berlin, ainsi que la crise de Munich de 1938.


