15 janvier > Roman Grande-Bretagne

C’est le deuxième titre de la Britannique Nina Allan que Bernard Sigaud, également traducteur de J. G. Ballard, traduit pour Tristram qui a publié en 2013 Complications, grand prix de l’Imaginaire 2014, disponible en collection "Souple". Difficile et réducteur d’enfermer dans un genre ce Stardust, composé de six histoires et d’un poème, à première vue autonomes. Le sous-titre Légendes de Ruby Castle fournit une piste. Mais qui est ce personnage de cinéma d’épouvante qui a assassiné son amant et interprété une dresseuse de singe dans un film intitulé Le marionnettiste ? Comédienne qui fascine un jeune prodige des échecs dans le premier récit ("Face B") ou partenaire d’un narrateur lanceur de couteaux dans un spectacle de cirque itinérant dans la deuxième histoire, "Le ver du Lammas". Héroïne fantôme, récurrente et pourtant secondaire, dont seul le nom n’est qu’incidemment cité, comme dans "La porte de l’avenir", peut-être la nouvelle la plus impressionnante. Car dans cette histoire poignante qui met en scène les retrouvailles après quinze ans de deux vieux amis, un écrivain allemand et un libraire anglais, au destin lié par une disparition tragique, se trouve concentré tout l’art de l’écrivaine. Et l’un des motifs du livre, la fête foraine comme monde marginal, nomade, porteur d’inquiétantes fantasmagories.

On comprend que les livres de Nina Allan soient en passe de devenir cultes tant ils font entrer le lecteur sans boussole dans des labyrinthes, ouvrant des espaces aussi vertigineux qu’un ciel étoilé. Et une seule lecture ne peut épuiser toutes les possibilités d’orientation et d’interprétation, au sens le plus musical du terme. V. R.

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