Dossier érotisme

Erotisme : sexe académie

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Erotisme : sexe académie

Le succès planétaire de Cinquante nuances de Grey provoque une ruée des éditeurs généralistes vers la littérature érotique. Mais cette effervescence n’inquiète pas les maisons spécialisées : peu nombreuses et bénéficiant d’une activité stable, elles comptent bien profiter de ce coup de projecteur pour gagner du terrain en librairie et séduire de nouveaux lecteurs. Les éditeurs de BD les accompagnent volontiers.

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Par Mylène Moulin,
Créé le 08.03.2013 à 00h00,
Mis à jour le 09.04.2014 à 17h41

Depuis quelques mois, BDSM, ce sigle aux promesses de plaisir cuisant s’est invité dans la vie quotidienne des Français et du reste du monde. Dans le métro, au bistrot, sur un banc, on dévore désormais en public et sans rougir les aventures sadomasochistes de l’héroïne de la trilogie Cinquante nuances de Grey, publiée en France par une maison généraliste (Lattès). De quoi donner des idées aux autres éditeurs qui se lancent dans des collections coquines, des séries hot ou des déclinaisons, critiques et parodies du phénomène. En réponse à la sortie en début d’année du deuxième volume de Cinquante nuances de Grey, Albin Michel vient par exemple de publier Quarante-neuf nuances de Loulou : la face B de la trilogie la plus hot de l’année par Rossella Calabro, et Blanche lancera prochainement Sans aucune nuance de Barbara De Santa Monica, un roman très drôle sur une jeune femme qui, séduite par la lecture du roman de E. L. James, va se mettre au BDSM sans grand succès. D’autres éditeurs profitent de l’emballement pour développer une offre érotique clairement identifiée. Les Presses du Châtelet s’apprêtent à lancer « Nouvelles sensations », dont les deux premiers titres, De cuir et de soie de Lysa S. Ashton et Dangereux plaisirs de Molly Weatherfield, s’inscrivent dans une tendance porno chic. Belfond rééditera en mars les volumes 1 et 2 d’Emmanuelle, le livre d’Emmanuelle Arsan publié clandestinement en 1959, tandis que Michel Lafon publiera La libération, le dernier tome de la trilogie érotique d’Anne Rice, Les infortunes de la Belle au bois dormant. Wombat lance le 14 mars Mon cul sur la commode, suivi de Retour à Passy, un livre de Delfeil de Ton commencé en 1975, mais achevé seulement l’an dernier. Enfin, Hugo & Cie annonce pour le 2 mai prochain le premier tome du diptyque Beautiful bastard de Christina Lauren, l’adaptation enrichie et actualisée d’une fan fiction téléchargée plus de 2 millions de fois en ligne sous le titre The office, qui met en scène les relations tumultueuses d’un trentenaire arrogant et perfectionniste avec sa jeune assistante.

Un feu de paille ?

Dans le petit secteur de la littérature érotique, on regarde avec curiosité gonfler le phénomène. « Tous les dix ans, un titre fait le buzz et on redécouvre la littérature érotique. Cinquante nuances de Grey s’inscrit dans une tradition de phénomènes isolés, ceux générés par La femme de papier, Le lien ou La vie sexuelle de Catherine M., dont les retombées sur le secteur de l’érotisme sont très faibles », s’amuse Franck Spengler, fondateur des éditions Blanche.

Pour Anne Hautecoeur, directrice éditoriale de La Musardine, la parution du roman de E. L. James ne peut avoir qu’un impact bénéfique sur les éditeurs spécialisés. « Je crois que beaucoup de gens - des femmes notamment - n’auraient jamais eu l’idée, ni le "courage", de lire un livre qualifié d’érotique. Et que le fait que tout le monde parle de celui-ci a décomplexé un lectorat qui n’aurait jamais franchi le pas, explique-t-elle. Personne ne semblait vouloir apposer l’étiquette érotique sur ces textes, ce terme faisant encore peur à bon nombre d’éditeurs et de libraires… jusqu’à ce qu’ils découvrent E.L. James et le SM, dans un pays dont la tradition littéraire libertine est tout de même séculaire. »

En termes de ventes, l’impact se fait clairement sentir. Chez Harlequin, par exemple, on a constaté une augmentation de l’activité sur ce segment dès février 2012. « L’effet Grey est indéniable, il a permis d’élargir les frontières », estime Stéphane Aznar, directeur général d’Harlequin France. Ce constat a amené l’éditeur à publier en grand format, sous la marque Mosaïc, le titre Sans limites de Tiffany Reisz, destiné dans un premier temps à sa collection poche « Spicy » (cf. ci-contre). Reprenant les règles marketing qui ont fait le succès de Grey, Harlequin a rendu disponible en version numérique et en accès gratuit une préquelle du roman intitulée La clef des secrets.

Garder les pieds sur terre

Cependant, malgré l’euphorie éditoriale autour du livre érotique et la promesse de voir le lectorat se diversifier, les éditeurs spécialisés maintiennent leur ligne de travail. Pas de folie des grandeurs ni de nouvelles collections à gogo. Chaque titre est pesé, réfléchi, calculé. « Nous essayons de garder les pieds sur terre. Avec les techniques de production actuelles, nous pouvons réagir très vite à la demande, aussi nous restons sur nos tirages habituels. Nous ne comptons pas multiplier nos productions ni engorger le marché, mais nous nous efforçons de renforcer notre présence dans les rayons et de convertir les libraires récalcitrants », expose Thierry Play, le directeur de Tabou.

La pornographie pure est en perte de vitesse.


Avec une trentaine de nouveautés par an, Tabou se positionne à la fois sur l’érotisme pratique et littéraire. Parmi ses best-sellers, Le guide Tabou du Point G et de l’éjaculation féminine et Le guide Tabou du plaisir anal (pour lui !), ou encore le diptyque L’art de dominer et L’art de se soumettre. En littérature, Le foutre de guerre (Son excellence Otto) et Le journal d’un maître sont passés parmi les classiques du genre. « La pornographie pure est en perte de vitesse. En revanche, les univers complexes, associant amour, pulsions, fantasmes, comme les relations de pouvoir, continuent de se développer », analyse Thierry Play. En 2013, Tabou alternera nouveaux auteurs et valeurs sûres, comptant beaucoup sur Le guide Tabou du Point P, annoncé comme une révolution pour le plaisir masculin, et sur Devenir sienne, un roman d’inspiration autobiographique qui parle d’amour et de sexualité.

Le sexe comme argument

Selon Franck Spengler, chez Blanche, il est capital pour les éditeurs spécialisés de persévérer dans la mise en avant du genre érotique comme genre à part entière de la littérature. « La mode est aux romans d’amour agrémentés de scènes sexuelles. Personnellement, je privilégie les auteurs qui mettent le sexuel au centre de leur roman, comme Françoise Rey ou Guillaume Perrotte. Ce qui m’intéresse en tant qu’éditeur et lecteur, ce sont les enjeux du sexe et ses mécanismes sociaux. Le sexe en tant que tel n’a pas d’intérêt : je m’efforce de donner une proposition fantasmatique plus riche et un univers romanesque fort », détaille l’éditeur. Un parti pris que l’on retrouvera dans La rééducation sentimentale d’Emma Cavalier et dans Nuit fanatique de Guillaume Perrotte, à paraître en avril.

Comme Blanche, La Musardine souhaite maintenir le cap et ne pas se laisser happer par le phénomène Grey. « Nous ne faisons pas d’étude de marché, nous ne cherchons pas à concurrencer qui que ce soit, ni à coller à telle ou telle tendance. Nous nous démarquons en choisissant de défendre des textes dont le sexe est la thématique centrale, c’est la première exigence, en proposant des registres et des histoires de qualité et variées, plaide Anne Hautecoeur. Nous sommes toujours très vigilants sur nos tirages, c’est essentiel pour un petit éditeur comme nous. En ce qui concerne le programme, nous aurons un nombre de titres similaire à 2012. »

A côté de sa collection désormais ultra-renommée « Osez », lancée en 2004 et dont les ventes dépassent les 50 000 exemplaires, La Musardine entend continuer de défendre des textes de création à travers la collection « Osez 20 histoires », qui regroupe des recueils de nouvelles autour d’une thématique sexuelle signés par des auteurs « novices », comme le roman Sex in the kitchen, une comédie érotico-romantique d’une jeune auteure, Octavie Delvaux, parue en début d’année. En 2013, la maison continuera sur sa lancée en publiant des inédits de Pierre Louÿs et, en avril, Misère-sexuelle.com, un pamphlet de Stéphane Rose contre le faux rêve proposé par les sites de rencontres. 

Numérique : l’érotique virtuel à la traîne

Alors que sur le marché américain le livre érotique s’arrache en version numérique, en France, les ventes ont globalement du mal à décoller. « Il n’y a pas de surperformance de l’érotique en numérique. Les ventes restent marginales par rapport aux ventes papier », affirme, catégorique, Stéphane Aznar, directeur général d’Harlequin France. L’éditeur espère pourtant faire changer les choses en publiant des romans érotiques sous le label HQN, une nouvelle marque éditoriale primo-numérique consacrée aux auteurs de langue française tous genres confondus, qui sera lancée cette année.

Univers Poche mise sur le numérique pour diffuser des titres érotiques inédits et des reprises de Pocket et de Blanche. La maison a créé en mai 2012, sous sa marque numérique 12-21, la collection « Les petits érotiques » qui regroupe des nouvelles courtes et compte à présent plus de 86 titres classés en trois catégories : plaisirs sucrés, plaisirs épicés et plaisirs corsés.

Du côté des trois principaux éditeurs spécialisés, le bilan est inégal. Tandis que Tabou vient juste d’ouvrir son catalogue à l’édition numérique, Blanche, qui travaille sur le sujet depuis 2000, constate que les résultats sont faibles mais en constante progression. A La Musardine, en revanche, le numérique représente 30 % du chiffre d’affaires de la maison. « Nous vendons nos livres au format numérique depuis douze ans, rappelle la directrice éditoriale, Anne Hautecoeur. Les résultats sont donc satisfaisants, en nette progression, mais nous pensons qu’il y a encore une belle marge de manœuvre en renforçant les actions commerciales et en faisant preuve de créativité. » <

Sexe en poche

Galvanisés par le succès de Fifty shades, les éditeurs de poche développent leur offre érotique, en format poche, mais aussi en grand format.

Dans le secteur du livre érotique, le poche réalise les plus gros scores de ventes. Alors qu’un grand format s’écoule généralement entre 3 000 et 5 000 exemplaires, il se vend en poche de 5 000 à 10 000 volumes par titre. Le phénomène Cinquante nuances accentue la tendance. Au Livre de poche, où le catalogue érotique est concentré sur quelques grands classiques du genre comme L’os de Dionysos de Christian Laborde, La jouissance et l’extase de Françoise Rey, ou Vénus erotica d’Anaïs Nin, Histoire d’O a vu ses rotations se multiplier très significativement depuis quelques mois sous l’influence du livre de E. L James. Autre acteur important du poche érotique, Pocket a publié cette année le troublant Entre ses mains de Marthe Blau et Le bonheur de Denis Robert. Chez Harlequin, la collection « Spicy », créée en 2008 et consacrée aux romans de littérature érotique pour femmes, connaît un sursaut d’intérêt alors que les titres s’écoulent déjà généralement très bien, notamment ceux de Sarah McCarty et de Megan Hart. En 2013, l’éditeur réédite des nouvelles publiées dans « Spicy » en les réunissant par deux dans des recueils. Vendues à 4,99 euros dans le but de « démocratiser le genre », elles sont proposées depuis février en un packaging refondu moderne et élégant.

De son côté, La Musardine inaugurera en mai la collection de poche « ClassiX », dont le concept est de reprendre des textes majeurs de la littérature classique (Carmen, Candide, Manon Lescaut) auxquels ont été rajoutées des scènes de sexe croustillantes. Bragelonne vient de lancer, sous le label Milady, « Romantica », une collection de romance érotique qui hébergera 7 titres par an tirés chacun à 17 000 exemplaires. Le premier titre, 80 notes de jaune de Vina Jackson, paru à la fin de janvier, s’est écoulé à 500 000 exemplaires en Grande-Bretagne et a été traduit dans 14 pays. La suite, 80 notes de bleu, sortira en août, et 80 notes de rouge en décembre. La collection accueillera également la trilogie Fire after dark de Sadie Matthews (en français, L’étreinte de la nuit, vol. 1, Embrase-moi), Entre les lignes de Portia Da Costa et la série Breathless de Maya Banks.

Enfin, pour 2013, J’ai lu annonce 6 titres érotiques et 18 de romance érotique répartis dans les collections « Passion intense » et « Erotique ». Parmi eux, des inédits signés par des auteurs français tels que Desperate housewife versus Single mum d’Anne Michel, paru en février, et Déshabille-moi de Mila Braam, prévu en mars. La ligne érotique a été renforcée en grand format, notamment après le succès fulgurant de la série Crossfire de Sylvia Day, dont le premier tome, Dévoile-moi, s’est écoulé à plus de 65 000 exemplaires depuis sa parution le 7 novembre dernier. Les suites, Regarde-moi et Enlace-moi, sont respectivement annoncés en mars et en août. Sont également attendus en grand format une cohorte de titres érotiques dont Cours de séduction de Gina L. Maxwell, Laisse-moi te posséder de Beth Kery, Dublin street de Samantha Young et Si j’étais elle de Lisa Renee Jones. En octobre, J’ai lu publiera également The marriage bargain, premier tome de la série Married to a billionaire de Jennifer Probst, un best-seller numérique dont le premier tome s’est déjà téléchargé à 500 000 exemplaires aux Etats-Unis. <

Bulles de charme

Après une longue traversée du désert au début des années 2000, la bande dessinée érotique fait depuis cinq ans un retour remarqué en librairie. Classiques en tête.

Les 110 pilules de Magnus (Delcourt).

Après plusieurs années de retrait commercial, notamment provoqué par la prolifération du sexe sur Internet, la bande dessinée érotique a repris du poil de la bête. Les succès successifs de trois titres au contenu explicite : Fraise et chocolat d’Aurélia Aurita (Les Impressions nouvelles, t. 1 en 2006 ; t. 2 en 2007) (1), l’album collectif Premières fois ainsi que Filles perdues d’Alan Moore (2), tous deux chez Delcourt début 2008, n’y sont pas étrangers. Saisissant ce signal positif du marché, les éditeurs en ont profité pour ouvrir un nouveau chapitre érotique en commençant un travail de remise en avant des œuvres patrimoniales en sommeil. En 2009, Delcourt a lancé la collection « Erotix », dirigée par Vincent Bernière. Elle héberge des ouvrages qui ont marqué l’histoire du genre comme Histoire d’O et Emmanuelle de Guido Crepax, ou Les 110 pilules de Magnus. De son côté, Glénat s’est lancé dans la réédition de l’œuvre de Milo Manara. Aujourd’hui, les éditeurs poursuivent ce travail de redécouverte des auteurs et dessinateurs phares de la bande dessinée érotique. Pour Vincent Bernière, « la BD érotique est en train de vivre un vrai moment de revival avec peu de titres mais souvent de qualité ». Dans cette veine patrimoniale, Delcourt annonce la parution de LaVénus à la fourrure de Guido Crepax, d’après Leopold von Sacher-Masoch. De son côté, Glénat publiera en 2013, sous la bannière Drugstore, Dodo : chronique d’une maison close, une réédition de l’album de Georges Lévis.

Peu de créations.

Si la plupart des éditeurs préfèrent jouer sur les valeurs sûres, certains tentent de faire connaître de nouveaux auteurs français ou étrangers. Créé il y a une dizaine d’années, le label Dynamite de La Musardine fait dans une BD plutôt « hard ». Sur la douzaine de titres publiés chaque année, 85 % sont des achats de droits à l’étranger. Parmi les auteurs phares, l’Italienne Giovanna Casotto et le Britannique Erich von Götha. « Nous allons aussi beaucoup chercher de nouveaux auteurs en Espagne qui était jusqu’à il y a peu le seul pays à avoir encore une revue de BD érotique, Cupula, laboratoire pour tester les séries. En France, il n’y a quasiment pas de foyer de création », estime Anne Hautecoeur, directrice éditoriale de La Musardine. Pour exemple, Igor Boccère, l’un des auteurs de Dynamite présenté à Angoulême cette année, était un Français découvert… dans un magazine espagnol !

Présent sur le segment depuis 2007, Tabou s’attache de son côté à faire surgir de nouveaux talents avec succès. « Cela fait quelques années que la bande dessinée érotique repart, mais ce serait mieux si les libraires faisaient preuve de plus d’imagination et s’ils donnaient leur chance aux nouveaux auteurs au lieu de s’accrocher aux classiques. On ne va pas ressusciter les morts toute la vie, nous avons besoin de nourrir le marché de vraies nouveautés dont émergeront les classiques de demain », estime Thierry Play, directeur de Tabou. Parmi les titres phares de la maison, citons la saga sadomaso Discipline de Xavier Duvet, Féminisation du même auteur et Le journal d’une soubrette.

Hot manga

Encore marginal dans la production française de manga, le genre érotique se développe de plus en plus à travers des collections parfois très « hard ».

Des écolières sans culotte et des professeurs lubriques, des châteaux réservés aux pratiques sadomasochistes et des vampires érotomanes peuplent désormais une partie des rayons manga en librairie. Après le succès de la série Step up (Pika), qui totalise plus de 700 000 exemplaires vendus depuis sa parution en janvier 2004, et dont le volume 40 vient de paraître, plusieurs collections de manga « érotique » ont vu le jour. En 2009, Soleil a lancé la collection « Eros », constituée de deux branches : Eros classique et Eros Boy’s Love (mangas mettant en scène une relation homosexuelle entre hommes à destination d’un public féminin). La filiale de Delcourt y publie une douzaine de titres par an. En 2013, elle hébergera Velvet kiss, une nouvelle série en 4 tomes dont le premier est paru en janvier, ainsi que le dernier tome des Charmes de l’infirmière en mars, et le diptyque Father’s vampire en juillet.

Très implanté au Japon, le manga érotique « hard » a longtemps peiné à trouver son public en France, même si on le trouve au Lézard noir. Une situation sur le point de changer, selon Guillaume Kapp, des éditions Taifu-comics. L’éditeur, qui publie environ 80 titres de manga érotique par an, s’apprête à remplacer en mars sa collection « Hentaï » (relations sexuelles entre hommes et femmes) par « 100 % Hentaï » qui accueillera uniquement des titres non censurés en grand format. « Aujourd’hui et avec du recul, on peut voir que les lecteurs et les fans de Hentaï ne sont plus satisfaits par les titres qui sont proposés : trop soft, trop censurés, etc. Nous allons proposer des mangas dans lesquels les relations seront très explicites et sans cache, sans pixellisation sur les organes sexuels ou autres. En lançant cette collection nous visons un public de jeunes adultes fans du genre, et pourquoi pas un public consommateur de revues érotiques-pornographiques, voire de films », précise Guillaume Kapp. Sont déjà prévus : How good was I ? et Witchcraft de Yamatogawa, My lovely bitch de Akewo Amatake, Ruri Ruri de Toshiki Yui et Koi no Tyunyu ! de Renya Sahashi. <

Nouveaux acteurs.

Bénéficiant de la vague d’intérêt pour l’érotique suscitée par le phénomène Fifty shades, la bande dessinée coquine que se partageaient jusqu’à présent Tabou, Dynamite, Delcourt et Glénat attire de nouveaux explorateurs. Associés depuis octobre dans le label Olivius, L’Olivier et Cornélius - l’éditeur du remarqué Vingt-trois prostituées de l’Américain Chester Brown - y ont publié, parmi leurs premiers titres, Cul nul. De leur côté, Les Requins marteaux ont lancé une nouvelle collection au format poche, « BD cul », qui met en lumière le talent coquin de dessinateurs contemporains reconnus comme Bastien Vivès, Nine Antico, Hugues Micol ou Aude Picault.

Nouvelle dans le paysage de la BD française, Page 69 a été créé au début de 2013 par Jean-Paul Moulin. Lors d’une discussion avec l’auteur de bandes dessinées et de dessins érotiques Alex Varenne, l’éditeur a découvert l’existence d’une partie du travail de celui-ci qui n’avait pas été publiée en albums et l’a compilée dans Hot dreams, édité en ce début d’année. A terme, Page 69 espère proposer entre 4 et 5 titres par an, signés pour la plupart par de nouveaux talents. Un projet rendu possible notamment grâce à un accord de prépublication avec le magazine L’Immanquable qui lui permettra de financer le lancement de nouveaux projets inédits avec des artistes français, chinois ou américains.

(1) LH 703, du 28.9.2007, p. 32.
(2) LH 725, du 14.3.2008, p. 47.



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