Dans le cadre de sa politique de rationalisation des coûts, la Fnac veut encore économiser 80 millions d’euros sur la période 2013-2014, en plus des 60 millions de 2012. Quel en sera l’impact sur le livre ?
Cette politique concerne essentiellement les coûts structurels (loyers…) et non la politique commerciale et les budgets d’achats. Cela étant, comme pour tous les autres secteurs, le livre doit faire l’objet d’une gestion saine de ses stocks afin d’optimiser à la fois le chiffre d’affaires et les marges. Ce qui implique d’abord de mieux acheter.
Quelle place le livre a-t-il vocation à avoir au sein d’un groupe qui va être poussé à jouer la carte de la rentabilité à court terme ?
Le livre reste une priorité au sein de la Fnac. En 2012, ce secteur a représenté plus de 20 % de notre activité. En France, il a dégagé un chiffre d’affaires de 565 millions d’euros avec la vente de plus de 360 000 références. Je vous rappelle que le Top 20 ne représente pas plus de 5 % de notre activité. Nous travaillons d’ailleurs au développement d’une belle largeur de gamme sur les ouvrages de fond. Nous avons ainsi augmenté l’offre stockée de notre site Internet afin d’enrichir notre assortiment disponible sous 24 heures. Et parallèlement, nous assurons une gestion plus rigoureuse en magasin. Nous insistons sur le rôle clé de nos magasins dans le cadre de notre développement omnicanal. Ils doivent répondre à l’ensemble des demandes des clients et proposer une véritable expérience d’écoute et de conseil.
Certains éditeurs craignent un durcissement des relations commerciales de votre part. Que leur répondez-vous ?
Nous devons travailler ensemble pour défendre la place du livre et la diversité éditoriale menacée par les pure players. Le livre a besoin d’exposition pour trouver son public, c’est-à-dire de magasins, mais aussi de libraires capables d’accueillir, de conseiller… C’est ce qui fait notre force et nous déployons pour cela d’importants moyens tant sur un plan financier et marketing que sur le plan humain. Mais nous avons besoin d’une collaboration étroite avec les éditeurs pour nous accompagner. Ils devraient pouvoir différencier leur stratégie commerciale afin d’aider les acteurs qui créent de la valeur pour le marché du livre et éviter ainsi tout risque de destruction de valeur pour le secteur. <
