Échange de bonnes pratiques entre libraires | Livres Hebdo

Par Hervé Hugueny, à Francfort, le 20.10.2016 à 16h12 (mis à jour le 24.10.2016 à 17h09) Francfort 2016

Échange de bonnes pratiques entre libraires

Matthieu de Montchalin, président du Syndicat de la librairie française, à Francfort. Au second plan Rosamund de la Hey, son homologue britannique. - Photo PHOTO OLIVIER DION

La Fédération des libraires encourage la circulation de l'expérience entre ses membres du monde entier.

Résolument concrète, la conférence organisée par la Fédération européenne et internationale de la librairie (EIBF, selon son sigle anglais) a réuni une quinzaine d'intervenants venus du monde entier pour présenter leurs "bonnes pratiques" à leurs confrères. A l'issue de chaque session thématique, une discussion générale devait identifier les moyens de les transposer dans des marchés et des situations hétérogènes, la principale différence étant la présence ou l'absence d'une réglementation sur le prix du livre.

Venue des Etats-Unis, la promotion du commerce local enraciné dans une communauté qu'il fait vivre trouve pour le moment sa transposition la plus dynamique en Allemagne. C'est ainsi que l'a exposé Jan Orthey, propriétaire de Lünebuch, une grande librairie indépendante à Lüneburg, ville touristique située au sud d'Hambourg. Sa librairie s'étend sur 1 000 m2 et emploie 33 salariés. "Notre réflexion est guidée par le service au client, en se focalisant sur ce que nos concurrents, notamment les grandes chaînes et les librairies sur Internet, ne peuvent pas faire", a-t-il insisté.

Rosamund de la Hey, présidente de l'association des libraires britanniques et irlandais, a présenté son expérience, aussi risquée que réussie, d'ouverture d'une librairie-café-boutique de cadeaux dans un village écossais. En moins de dix ans, avec l'organisation d'événements et en tissant des liens avec les écoles locales, "The Mainstreet trading company" est devenu un des éléments centraux de la communauté, entre autres à l'aide d'une librairie itinérante installée dans une camionnette Citroën des années 1960, aussi bruyante que réfrigérante en hiver.

Betsy Burton, présidente de l'association des libraires américains, et propriétaire de The King's English Bookshop à Salt Lake City, a expliqué avec conviction le travail effectué auprès des pouvoirs publics pour les convaincre de l'indispensable vitalité qu'apporte le tissu local des commerces face aux sites Internet – Amazon en tête. Elle a aussi reconnu qu'une des meilleures décisions de sa vie avait été d'acheter les murs de sa librairie, presque dès sa création à la fin des années 1970, au propriétaire qu'elle ne laissait pas indifférent, mais dont elle ne partageait pas les sentiments.

Matthieu de Montchalin, président du Syndicat de la librairie française, et patron de l'Armitière à Rouen, a expliqué le fonctionnement de l'Observatoire de la librairie, créé depuis moins d'un an avec une centaine d'adhérents, "le meilleur outil de suivi des ventes que j'ai jamais eu", a-t-il expliqué, chiffres à l'appui.

Dans la matinée, d'autres adhérents de Suède, Australie, Nouvelle-Zélande, dans des situations très différentes, ont expliqué comment ils maintenaient une relation étroite avec leurs clients, indispensable dans des marchés où la réglementation sur le prix du livre n'existe pas.

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