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Dossier Littérature sud-coréenne : au-delà des blessures

Le quartier commerçant de Namdaemun à Séoul. - Photo TYLER DURDEN

Dossier Littérature sud-coréenne : au-delà des blessures

Dans la perspective de Livre Paris, dont la Corée du Sud est l’invitée d’honneur du 17 au 20 mars, Livres Hebdo met au jour les tendances d’une littérature marquée par une culture millénaire comme par les traumatismes subis au XXe siècle, mais aussi fascinée par la modernité. En complément, présentation des 30 auteurs de la délégation officielle et bibliographie des titres parus et à paraître pour l’événement (pdf joint).

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Par Jean-Luc Toula-Breysse, Agathe Auproux,
Créé le 19.02.2016 à 00h00,
Mis à jour le 19.02.2016 à 16h07

La littérature et l’histoire moderne coréennes suivent les mêmes sentes étroites d’un pays éprouvé par les vicissitudes du XXe siècle. Aujourd’hui, la nouvelle génération d’écrivains, n’ayant connu ni l’occupation japonaise, ni la guerre de Corée, à peine les dictatures militaires, trouve son inspiration dans une quête d’identité culturelle face à la mondialisation. Elle s’interroge sur l’effrénée course à la consommation et sur l’influence libérale made in USA avec une fascination pour ce qui s’apparente à la modernité. Comme le souligne Patrick Maurus, professeur à l’Inalco, traducteur et directeur de la collection "Lettres coréennes" chez Actes Sud : "Tout ce qui est nouveau est toujours bon en Corée du Sud." En ce pays du Matin rarement calme, l’élection de l’actuelle présidente conservatrice Park Geun-hye ne rassure pas les écrivains. En effet, fille du dictateur Park Chung-hee (1917-1979), qui dirigea la nation d’une main de fer, elle veut modifier les manuels d’histoire et glorifier le régime non démocratique de son feu père.

Datant du début XVe siècle, Changdeokgung, le Palais de la prospérité, est l’un des monuments emblématiques de la ville de Séoul. - Photo REPUBLIC OF KOREA/DR

Une vitalité pleine de contrastes dessine la géographie contemporaine des lettres. Quelles en sont ses spécificités ? Selon J. M. G. Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008, "au lieu des grands thèmes universalistes, au lieu des autoflagellations de l’intelligentsia alexandrine de l’Europe, des Etats-Unis voire du Japon, les écrivains de la jeune littérature coréenne, nourris du secret, de la magie et des entêtements des chemins en dédale, écrivent sur la dérision générale du monde, sur les murmures du langage et sur les réalités de la vie de tous les jours…" (1).

La 19e Foire du livre de Séoul célébrait en 2015 le 70e anniversaire de la libération du pays. - Photo JEON HAN/KOREAN CULTURE AND INFORMATION SERVICE

Pour comprendre cette dynamique, il est bon de revenir aux sources. D’abord, il faut étendre les domaines littéraires à une tradition non écrite. Constituée de chants rituels ou folkloriques, de mythes et de légendes, de poèmes épiques, la littérature coréenne, à sa genèse, est orale. Récits chamaniques et préceptes bouddhiques sont transmis de maître à disciple avant d’être consignés ultérieurement en chinois. Fortement influencés par la littérature de l’empire du Milieu, les lettrés coréens employaient l’écriture de son grand voisin déjà présente en Corée il y a plus de deux mille ans. Au XIIe siècle, le moine bouddhiste Ilyeon transcrit en chinois classique Samguk yusa ("Mythes et légendes des Trois Royaumes"), une anthologie fondatrice contant les origines du pays et de ses habitants.

Une révolution d’écriture

Créé de toutes pièces, en 1444, par un conseil d’érudits sous la direction du roi Sejong, l’alphabet coréen (composé de 24 lettres), appelé hangeul, permet de ne plus passer par les sinogrammes. Malgré cette invention, les lettres chinoises continuent de briller sur la péninsule tout au long des XVIe et XVIIe siècles. Les femmes, elles, s’approprient le hangeul et lui donnent ses premières lettres de noblesse. Jusqu’alors, toute la littérature était en chinois, qui restera longtemps la langue du savoir et de l’administration . Longtemps, ces deux modes d’expression, l’un étranger, l’autre vernaculaire, se côtoient et s’influencent mutuellement. C’est seulement en 1894 que les autorités décident la suppression des concours d’Etat en écriture chinoise classique pour recruter les fonctionnaires. A la différence de cette dernière, complexe et réservée à une élite, le hangeul facilite l’instruction et explique en partie le taux d’alphabétisation en Corée (plus de 98 %) ainsi que le développement de l’industrie du livre. La Corée est un des pays qui lit le plus au monde.

Repères

Jeon Han/Korean Culture and Information Service - Statue monumentale du roi Sejong, initiateur de la création du hangeul, l’alphabet coréen.

Ier siècle avant J.-C. : époque des Trois Royaumes. Goguryeo, Baekje et Silla occupent la péninsule coréenne et une partie de la Mandchourie.

372 : création d’une université à Goguryeo où les classiques chinois sont enseignés et introduction du bouddhisme.

668-918 : les rois de Silla unifient le pays et recrutent des fonctionnaires lettrés.

918-1392 : arrivée de la dynastie Goryeo.

1231 : première invasion mongole qui occupe le pays pendant plus d’un siècle.

1234 : invention des caractères métalliques et mobiles d’imprimerie.

XIVe siècle : réception du néoconfucianisme.

1392-1910 : la dynastie Yi crée le royaume de Joseon. Séoul devient en 1394 la capitale.

1446 : promulgation de l’alphabet coréen, le hangeul.

1592-1598 : premières invasions japonaises.

1627-1637 : invasions mandchoues.

1862-1882 : ouverture forcée sur le monde sous la pression des Occidentaux. Découverte d’une littérature extra sino-coréenne.

1894 : le coréen devient langue officielle.

1904-1905 : guerre russo-japonaise, victoire du Japon qui impose son protectorat à la Corée.

1910-1945 : annexion de la Corée par le Japon, fin de la dynastie Joseon.

1er mars 1919 : déclaration d’indépendance, mouvement de protestation contre l’occupant japonais, après la mort du roi Gojong.

1948 : division de la Corée.

1950-1953 : guerre de Corée.

19 avril 1960 : soulèvement démocratique contre la dictature alors en place.

19 mai 1961 : un coup d’Etat militaire porte au pouvoir le général Park Chung-hee qui dissout l’Assemblée nationale.

1980 : coup d’Etat du général Chun Doo-hwan, émeutes et répressions à Gwangju.

1988 : organisation des jeux Olympiques à Séoul.

1992 : ouverture démocratique avec Kim Youn-sam, élu président de Corée du Sud.

2012 : élection de Park Geun-hye, première femme présidente de la Corée du Sud.

De l’autre côté du 38e parallèle

En République populaire démocratique de Corée (RPDC, soit la Corée du Nord), royaume ermite de la dynastie rouge des Kim - il y a eu Kim Il-sung, son fils Kim Jong-il et aujourd’hui son petit-fils Kim Jong-un -, des purges meurtrières ont fait disparaître des écrivains importants passés au Nord au début des années 1950. A Pyongyang, capitale du dernier bastion stalinien, c’est le réalisme socialiste qui conduit le choix des éditeurs. Patrick Maurus, traducteur, en 2011, de Des amis, de Baek Nam-ryong, premier roman nord-coréen publié en Europe, considère que beaucoup ont une lecture politique et non littéraire. Il précise que "selon le critique Kim Chaeyong, la littérature nord-coréenne a changé dans les années 1980, rompant avec le romantisme révolutionnaire qui prévalait. Moins de super-héros, moins de sujets de guerre, plus de questions du travail, plus de critique sociale. Même si les années 1990 ont vu un relatif retour à l’héroïsme." Que penser de la littérature nord-coréenne ? Difficile à dire. A qui la faute ? D’abord au paranoïaque régime tragi-ubuesque qui veut tout contrôler, mais aussi peut-être aux professionnels du monde libre peu enclin à passer la DMZ.

Le rire de 17 personnes, anthologie de nouvelles contemporaines de République populaire démocratique de Corée, traduites du coréen de RPDC par Kim Kyoung-shik, Benoît Berthelier et Patrick Maurus, Actes Sud, à paraître le 16 mars.

Manhwa, le roman graphique coréen

Les dessinateurs et scénaristes de la péninsule occupent une place de choix dans le paysage mondial du 9e art. La révolution du numérique et les applications pour téléphones portables accroissent le nombre de lecteurs mais engendrent aussi des vocations. La qualité graphique, la rythmique du découpage, la pertinence des scénarios, la force narrative, le naturalisme des dialogues caractérisent les manhwas qui se rapprochent plus de la bande dessinée franco-belge que des mangas nippons. Les albums se lisent de gauche à droite comme en Occident et non de droite à gauche comme au Japon. Fortement influencée par l’art pictural classique d’Extrême-Orient, la bande dessinée coréenne, riche d’une longue tradition et d’une identité originale, présente généralement des traits épurés et légers avec un travail sur la ligne et le vide. Les thèmes se fondent sur un style épique typiquement coréen. Les sujets abordés traitent de l’histoire du pays, de ses réalités culturelles, anciennes et contemporaines. Les genres fantastique, aventures, humour et romance prennent naturellement leur place. De jeunes auteurs multiplient les recherches graphiques en s’éloignant des codes classiques. Certains ont choisi la science-fiction, servant notamment de support à une réflexion sur la pollution ou le réchauffement de la planète. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges. Le manhwa féminin, que la censure avait interdit dans les années 1970, constitue aujourd’hui un genre à part entière. De nombreuses jeunes femmes privilégient ce support comme moyen d’expression. La moitié des auteurs de manhwas sont des femmes. Les BD destinées aux filles (sunjeong manhwa) traitent principalement de romances ou d’amours contrariées. Hwang Mi-na, considérée comme la mère du manhwa pour filles, est l’auteure emblématique de ce courant.

Naissance d’un genre

Les nouveaux récits d’une tortue dorée de Kim Shi-sup (1435-1493) peut être considéré comme le premier roman coréen, rédigé en caractères chinois. Et c’est Heo Gyun (1569-1618), auteur de l’Histoire de Hong Kiltong qui signe, lui, le premier roman en coréen et non en mandarin. Kim Manjung (1637-1692) écrit lui aussi, en hangeul,Rêves de neuf nuages, livre qui deviendra la référence du roman classique coréen, tant pour ses dialogues que pour ses descriptions. Au XVIIIe siècle, les auteurs de romans préféraient rester anonymes, probablement pour critiquer plus facilement les dysfonctionnements, les discriminations et les injustices de la société, notamment la corruption. L’engagement social des littérateurs n’a pas attendu la lutte des classes pour dénoncer les iniquités.

L’importance de la poésie

En Corée, les poètes n’ont jamais disparu. La poésie classique a longtemps pris pour sujet la beauté de la nature et l’enseignement du Bouddha. Tandis que les romans sont écrits en chinois, au XIVe siècle, la populaire forme poétique, généralement improvisée, du sijo ou "air du temps", composée de trois vers, et le kasa, long chant rythmé, lyrique puis réaliste, sont en hangeul. Sous la dynastie des Yi, conteurs itinérants et chanteurs de pansori ont donné un souffle nouveau à la scène littéraire.

Grande pièce narrative chantée, le pansori, truffé de références historiques ou légendaires, est porté par une voix et un tambour, deux présences qui transportent le public dans les tréfonds de l’âme coréenne. De la frayeur aux rires, de la poésie aux principes confucianistes, le répertoire de cet opéra pour un chanteur ou une chanteuse et un percussionniste pousse les forces littéraires, dramaturgiques et musicales à l’extrême. Le chant de Ch’unhyang, morceau du patrimoine national coréen, est probablement le plus célèbre pansori. Après le triomphe de Lachanteuse de pansori, le réalisateur Im Kwon-taek porta à l’écran, en 1999, ce récit d’amour et de séparation, de pureté et de résistance, de fidélité et d’épreuves. Au XXIe siècle, la poésie est toujours un genre très prisé. Pour signe, l’homme de lettres et poète Ko Un (né en 1933), celui qui espère sans relâche voir une Corée réunifiée, a été pressenti deux fois pour le prix Nobel de littérature. Influencé par Dostoïevski et assurément très engagé aux côtés des opprimés, l’un des poètes les plus connus en Corée est Sin Kyeong-nim (né en 1935). L’auteur du Rêve d’un homme abattu, publié chez Gallimard en 1995, se définit lui-même comme un "poète paysan". "La pratique symbolique de la poésie demeure, confirme Patrick Maurus, même si la prose est passée devant."

Plus proches de la poésie narrative que des romans-fleuves, les récits courts sont un genre obligé pour entrer en littérature. Ils jouissent d’un grand renom en Corée depuis le début du XXe siècle. Publiées souvent d’abord en feuilleton dans des revues, journaux ou magazines, les nouvelles, à l’image d’un fragment de vie, catalysent une inspiration vive et féconde, tirée de l’"infra-ordinaire" cher à Georges Perec.

La femme en littérature

Jean-Claude de Crescenzo, directeur des études coréennes à l’université Aix-Marseille, fondateur de la revue Keulmadang, conseiller du CNL à Livre Paris, rappelle que "la place des femmes existait déjà quand le bouddhisme régnait en maître. Durant la domination du néoconfucianisme, synonyme d’une société très masculine, il y eut une exception : la poétesse Hwang Jini, une courtisane, une femme libre dont les sijo d’amour sont restés célèbres." A la suite de cette pionnière, les femmes écrivains publient à partir du XVIIe siècle des textes abordant principalement des thèmes historiques. Quand la femme entre en fiction, sous l’influence chrétienne, dans les années 1870, puis sous l’occupation japonaise, elle commence à malmener les considérations phallocrates toujours prégnantes en cette société confucianiste. La poétesse Kim Hyesoon, les romancières et nouvellistes Oh Jung-hi et Kim Ae-ran (la petite dernière) accélèrent le processus. La génération nouvelle ne cesse de surprendre en s’emparant avec humour ou cynisme de toutes les transgressions possibles.

Contestation et rupture

Au début du XXe siècle, après l’ouverture contrainte du pays sur le monde extérieur et avant l’annexion japonaise, les auteurs coréens, ayant pour beaucoup étudié dans les universités de l’archipel nippon, se tournent vers l’Occident en passant par le Japon et créent le "nouveau roman" ("sin sosol"). Les figures de proue de ce mouvement sont Yi In-jik (1862-1916), qui publie en 1906 son premier écrit, Larmes de sang, en coréen moderne, et Choe Nam-son (1890-1957), fondateur de la poésie nouvelle qui ne se souciait guère des règles formelles de style. Arrive la colonisation japonaise (1910-1945). Au commencement de l’occupation, les écrivains ne sont pas vraiment inquiétés par le gouvernement général de l’empire du Soleil-Levant, basé à Séoul. Quand la Korea Artista Proletaria Federatio dénonce l’exploitation des ouvriers et la misère de la paysannerie, d’autres auteurs embrassent soit le sentiment nationaliste, soit les idéaux classiques du confucianisme, trouvent refuge dans l’hymne à la nature, ou se tournent vers la modernité occidentale à travers le symbolisme, le réalisme, voire le romantisme. Selon Jean-Noël Juttet, cotraducteur de Hwang Sok-yong : "La critique fait remonter à 1917 la date où paraît le premier roman moderne : Le cœur en deuil de Yi Gwang-su (non traduit), parfois même à 1931 lorsque paraît Trois générations de Yeom Sang-seop. Ces œuvres marquent une rupture fondamentale avec la production littéraire antérieure. Rupture avec les grands romans classiques d’inspiration chinoise, rupture avec le pansori, d’essence orale, rupture en poésie également avec les formes fixes et rythmées du sijo" (2).

La descente aux enfers ne tarde pas. La déclaration d’indépendance le 1er mars 1919 précipite le pays dans la violence et dans la répression japonaise. Les arrestations se multiplient. La censure s’accroît. Les journaux sont surveillés ou fermés. Il sera même interdit plus tard d’enseigner la langue coréenne et obligatoire d’avoir un nom japonais. Durant cette parenthèse noire, certains intellectuels collaborent. En 1938, Hyon Yong sôp, dans Le chemin que les Coréens doivent emprunter, clame qu’il faut éradiquer la culture et la langue coréennes pour ne plus faire qu’un avec le Japon ! En ces temps troublés, en ces temps confus, Yi Gwang-su publie La terre. Cette œuvre narre une histoire d’amour dans un triangle peu conformiste avec en toile de fond le monde rural. Elle fut d’abord diffusée sous forme de feuilleton dans un journal de 1932 à 1933 ; ce qui fera dire qu’il fut un collaborateur, même si cet ancien signataire de la proclamation de la déclaration d’indépendance fut arrêté par les Japonais. Il sera après la capitulation enlevé par la Corée du Nord pour finir sa vie en prison. D’autres résistent, à l’image du poète Han Yong-un (1879-1944), Manhae de son nom de moine bouddhiste, défendant l’idée de justice tout au long de sa vie. Il a été l’un des signataires et proclamateurs de la déclaration d’indépendance. Cela lui a valu trois années d’emprisonnement.

Vivifiante légèreté

La fin de la colonisation japonaise, en 1945, marque le début de la littérature contemporaine coréenne, une littérature dite de division, engendrée par la guerre entre le Nord et le Sud, un conflit de 1950 à 1953 qui fera plus de deux millions de victimes, déchirera des familles et coupera le pays en deux à la hauteur du 38e parallèle. Les écrivains s’approprient ce nouveau traumatisme, malgré les dictatures militaires muselant la libre expression. Roman de guerre, roman historique, roman idéologique, roman populaire foisonnent. Alors que, dans les années 1970, l’essor économique et la révolution industrielle transforment la vie des citadins, les littérateurs engagés s’opposent aux détenteurs d’une littérature dite pure. Constatant que les plus démunis demeurent en marge du progrès, ils prennent pour thématique la misère du peuple. En cette déchirure, Hwang Sok-yong (né en 1943) publie, en 1970, Monsieur Han, son premier roman avec au cœur du récit la guerre de Corée. Auteur reconnu, farouche opposant à la dictature, emprisonné après s’être rendu, en 1989, à un congrès d’écrivains en Corée du Nord, il retrouve la liberté, en 1998, grâce au président Kim Dae-jung. Edité en France chez Zulma, Philippe Picquier et Serge Safran, Hwang Sok-yong milite pour la réconciliation des deux Corées. Selon Oé Kenzaburô, prix Nobel de littérature, il est "sans conteste le meilleur ambassadeur de la littérature asiatique".

En 1988, les jeux Olympiques d’été se tiennent à Séoul. Une timide ouverture est de circonstance. Des livres interdits apparaissent à la devanture de quelques librairies. Il faut attendre 1993, année de l’élection du démocrate Kim Young-sam, premier président civil de la Corée depuis 1962, pour découvrir des écritures éloignées des blessures du passé. Depuis, en Corée du Sud, devenu pays du digital et du numérique, Internet permet à chacun de publier des textes et de trouver un lectorat important. Les nouvelles générations d’auteurs expriment bien souvent d’une manière très réaliste une noirceur sans désespoir. Ils aiment à s’inspirer de la vie quotidienne pour critiquer la société avec une vivifiante légèreté, chère aux Coréens.
Jean-Luc Toula-Breysse

(1) Revue des Deux Mondes, mars 2012.

(2) Meet, n° 19, 2015, "Séoul-port-au-Prince" (revue bilingue de la Maison des écrivains étrangers et traducteurs de Saint-Nazaire).

Histoire de la littérature coréenne, des origines à 1919 de Cho Dong-il et Daniel Bouchez, Fayard, 2002.

Anthologie de nouvelles coréennes contemporaines établie par Gilles Baud-Berthier (2 tomes), Philippe Picquier, 1995.

30 auteurs coréens à Paris

12 femmes et 18 hommes constituent la délégation officielle des auteurs invités de Livre Paris avec le soutien du Centre national du livre et de l’Institut français. Ils s’illustrent aussi bien dans le roman, la poésie ou l’essai que dans le manhwa (bande dessinée) ou la littérature pour la jeunesse.

Ancco

Née en 1983, Ancco incarne la vitalité de la nouvelle génération d’auteurs de manhwas en Corée. A partir d’épisodes de sa propre vie, elle dresse un tableau sans complaisance de la société coréenne tiraillée entre tradition et modernité. Dans Mauvaises filles, qui paraît à l’occasion de Livre Paris 2016 chez Cornélius, elle suit les parcours initiatiques de deux adolescentes, Jin-joo et Jung-ae, et interroge, dans un climat de noirceur qui rappelle par moments celui de Céline, la place de la violence dans la société coréenne post-crise économique de la fin des années 1990.

Eun Hee-kyung

Née à Gochang en 1959, Eun Hee-kyung poursuit des études de littérature à l’université. En auteure qui sait s’emparer du quotidien, notamment les difficultés de communication dans le couple, elle scrute les relations humaines. Si les hommes n’ont pas la partie belle dans ses œuvres, Eun Hee-kyung n’est pas toujours tendre non plus avec la gente féminine. Mais elle sait rester à distance et parler d’amour, et ses personnages, froids en apparence, sont les premiers à en avoir besoin. Ses romans et recueils de nouvelles attirent le public par un savant mélange d’humour et de cynisme, parfois sophistiqué, parfois coupant. Souvent primés, ils ont été traduits en français chez Zulma, Decrescenzo éditeurs, ou encore Philippe Picquier.

Han Kang

Han Kang, née en 1970, a étudié la littérature à l’université. Elle est professeure au département de création littéraire à l’Institut des arts de Séoul. Elle fait ses débuts littéraires comme poète en 1993, mais s’oriente rapidement vers le roman, dont deux ont été traduits en français au Serpent à plumes : Celui qui revient (février 2016) et La végétarienne (mai 2015), annoncé au Livre de poche en mars. Ses œuvres ont été reçues avec enthousiasme par les critiques et les lecteurs pour leur profonde exploration de la nature humaine à travers une écriture délicate et puissante. Pour Han Kang, les idées socialement acceptées et la condition de l’être humain portent une violence insupportable.

Han Sung-ok

Auteure et illustratrice pour la jeunesse, Han Sung-ok s’est distinguée d’abord aux Etats-Unis. Elle montre divers univers artistiques en changeant de technique pour chaque ouvrage. Elle s’intéresse à la vérité de l’art, comme à la vie quotidienne des enfants. Elle a publié notamment "Basho et la pierre de rivière" (Texte : Tim Myers), best-seller du New York Times, prix de la Société des illustrateurs aux Etats-Unis, et "Grand-père barbu", prix des livres pour enfants décerné par le ministère de la Culture et du Sport. Elle n’a jamais été traduite en France.

Hong Yeon-sik

Hong Yeon-sik, né en 1971, entre comme apprenti dans l’atelier d’un maître en 1990 et commence à réaliser des histoires courtes en bande dessinée dès 1992. En 2005, avec sa compagne, il fait une première tentative de vie à la campagne, rapportée dans son livre Histoire d’un couple, auquel il travaille dès 2007 et qui paraît en deux volumes en Corée en 2012, obtenant un rapide succès d’estime qui lui vaut une réédition et le prix Manhwa d’aujourd’hui. Cet ouvrage a été traduit en français en 2013 chez Ego comme X.

Hwang Sok-yong

Né en 1943 à Zhangshun en Mandchourie, Hwang Sok-yong a poursuivi des études de philosophie à l’université Dongguk. Il est certainement l’écrivain coréen le plus célèbre, en Corée comme à l’étranger, et le plus traduit, également connu pour ses prises de positions politiques en faveur de ceux qui souffrent ou qui sont démunis face au pouvoir. Romancier célèbre pour sa maîtrise des situations romanesques dans lesquelles ses personnages font preuve d’une humanité bouleversante, il est distingué par de nombreux prix littéraires asiatiques. Deux de ses romans vont paraître en France cette année : le 3 mars, L’étoile du chien qui attend son repas chez Serge Safran ; le 4 mars, Toutes les choses de notre vie chez Philippe Picquier (Voir notre avant-critique p. 38).

Jeong Myeong-kyo

Né en 1958 à Daejeon (Corée du Sud), Jeong Myeong-kyo est diplômé de langue et littérature françaises à l’université nationale de Séoul. Sa thèse de doctorat portait sur les romans de Chrétien de Troyes. Auteur de plusieurs ouvrages, dont un, Un désir de littérature coréenne, paru en français chez Decrescenzo éditeurs en 2015, il est aussi membre perpétuel du jury du prix littéraire Dong-in. Il est actuellement professeur de littérature coréenne à l’université Yonsei. Il enseigne la poésie moderne de la Corée, la théorie littéraire, la psychanalyse et l’analyse culturelle de la société moderne. Il a également traduit en coréen l’ouvrage de Jean-Luc Nancy Noli me tangere : essai sur la levée du corps (Bayard, 2003).

Jeong Yu-jeong

Née en 1966 à Hampyeong, Jeong Yu-jeong entreprend des études spécialisées d’infirmière avant d’en embrasser la carrière. Elle fait son entrée dans le monde littéraire en remportant le prix de Littérature jeunesse et le 5e prix Segye avec son livre intitulé Tire dans mon cœur. Par la suite, deux de ses romans sont sélectionnés comme "Livre de l’année" par les libraires et la presse en Corée. Son roman Les nuits de sept ans sera placé sur la liste des meilleurs polars de l’année 2015 par Die Zeit, et le Neues Deutschland la surnommera le "Stephen King coréen". Il paraîtra en français chez Decrescenzo éditeurs en mars. Elle est très appréciée des lecteurs pour ses prises de conscience et son humour destiné à renverser les situations les plus critiques.

Kim Ae-ran

Née en 1980 à Incheon, Kim Ae-ran n’a pas 25 ans lorsqu’elle reçoit son premier prix littéraire et devient la plus jeune lauréate de Corée. Arrivée à Séoul à l’âge de 20 ans, elle aborde régulièrement la situation des jeunes et des jeunes couples de la capitale, mais passe aussi les parents au vitriol avec un humour salvateur, dans un pays où la famille reste la pierre angulaire de la société. Le succès des œuvres de Kim Ae-ran tient au nonsense, à la psychologie d’individus comiques à force d’être en échec, au dévoilement de secrets de jeunes gens ordinaires. Decrescenzo a publié en France le 18 février son dernier recueil de nouvelles, Chanson d’ailleurs.

Kim Hye-soon

Kim Hye-soon, née en 1955, docteur en littérature coréenne, fait ses débuts de poète en 1979. Poète contemporaine de premier plan en Corée, elle vit à Séoul et enseigne l’écriture à l’Institut des arts de la capitale. Elle publie régulièrement des textes d’avant-garde dans la revue Munhakgwa jiseong (Littérature et intelligence). Dans les années 1990, elle fut à la tête du mouvement d’émergence de la littérature féminine. La poésie de Kim Hye-soon, traduite en français chez Circé et chez Decrescenzo, qui publie en mars le recueil Un verre de miroir rouge, combine adroitement images poétiques et langage expérimental.

Kim Jae-hong

Kim Jae-hong est un auteur et illustrateur d’albums pour enfants, mais aussi un peintre dont les œuvres ont fait l’objet de plus de dix expositions particulières. Son univers, à travers ses denses peintures à l’huile, représente avec cohérence l’harmonie entre la nature et la psychologie des enfants. Les enfants de la rivière (Philippe Picquier, 2008) sensibilise les enfants à la découverte des formes cachées dans la nature magnifique de la rivière Dong. Cet album a été couronné par le prix international du livre Espace-Enfants en Suisse, décerné à l’ouvrage qui respecte l’univers spécifique des enfants, leur philosophie et l’interaction avec d’autres êtres.

Kim Jin-kyeong

Né en 1953, Kim Jin-kyeong est un amoureux des chats. C’est pour consoler ses deux filles, tristes d’avoir perdu le chat de la famille, qu’il a entrepris d’écrire L’école des chats, série pour la jeunesse en plusieurs tomes parus en France chez Philippe Picquier. Il enseigne la langue coréenne dans un collège de Séoul. Acteur très engagé dans le mouvement syndical des enseignants, il porte une vision critique sur la société contemporaine.

Kim Jung-gi

Kim Jung-gi est né en 1975 à Goyang, près de Séoul. A 19 ans, il entre à l’Ecole des beaux-arts et en sort avec un mastère d’art et de design. Son service militaire, pendant deux ans, dans les forces spéciales, lui a permis de mémoriser visuellement un nombre impressionnant de véhicules et d’armes. Il enseigne le manhwa dans des universités et des écoles privées et travaille pour une agence de publicité en Corée. Il a créé une école de dessin à Séoul. Avec le scénariste français Jean-David Morvan il a publié la bande dessinée Spy games chez Glénat.

Kim Jung-hyuk

Né en 1971, Kim Jung-hyuk a été, après des études littéraires à l’université Kiemyung, critique pour une librairie en ligne, responsable du rayon DVD d’une librairie d’art, journaliste musical pour un magazine de culture pop. Son intérêt pour le dessin et la bande dessinée l’amène à illustrer lui-même ses recueils de nouvelles et à travailler comme dessinateur free-lance. Ses personnages se battent le plus souvent contre des règles de vie étouffantes en réinventant par le truchement d’objets de nouveaux codes : instruments de musique débaptisés et renommés, personnages aux caractères singuliers, emplois rares, comme celui d’inventeur de concepts inutiles, Kim Jung-hyuk est traduit en France chez Decrescenzo.

Kim Un-su

Kim Un-su, né en 1972, a étudié la littérature coréenne à l’université. Sa carrière de romancier débute en 2002 avec deux nouvelles dans lesquelles il s’attache à montrer dans un style alerte et avec un humour absurde les dérives de la société. Pour Kim Un-su, la société postmoderne crée des individus étranges qui révèlent parfois de non moins étranges vérités. Passionné de vie à la montagne et de calme, il montre aussi ce que les petites gens des campagnes et des quartiers ont de sympathique et de profondément humain. Deux de ses romans sont traduits en français : Le placard (Ginkgo, 2013) et Les planificateurs (L’Aube, 2016).

Kim Young-ha

Kim Young-ha, né en 1968 à Goryeong, entre en littérature près ses études et s’attache à retranscrire la sensibilité urbaine des années 1990. Dans La mort à demi-mots (Philippe Picquier, 2002), prix du nouvel écrivain Munhakdongne en 1996, il met en scène un professionnel qui aide les autres à se suicider et ouvre ainsi une nouvelle ère pour la littérature fantastique coréenne. Il aime donner à ses récits des cadres peu habituels pour explorer les conséquences du capitalisme moderne et de la culture urbaine, telle l’aliénation ou l’impossibilité de communiquer.

Lee Jung-mo

Lee Jung-mo est auteur d’ouvrages scientifiques et directeur du musée d’Histoire naturelle de Seodaemun. Après des études sur "la communication entre les insectes et les végétaux" au département de chimie de l’université de Bonn, il a été professeur d’enseignement général à l’université d’Anyang. Il rencontre tous les publics au cours de conférences sur les petites histoires de la science. Il n’est pas traduit en français.

Lee Sang-soo

Lee Sang-soo, auteur d’ouvrages de philosophie non traduits en France, a étudié l’histoire en licence à l’université Yonsei. Il a été journaliste pendant dix-huit ans au quotidien coréen Hankyoreh, en tant qu’envoyé spécial à Pékin, puis, président de l’antenne en Chine du groupe d’éditions coréen Woongjin Think Big. Il est à présent porte-parole du Bureau d’éducation de la ville de Séoul. Il écrit et enseigne les Cent écoles de pensée, telle que celle de Lao Tseu, de Confucius, de Sun Tzu, de Tchouang-tseu, de Xun Zi et de Han Fei Zi. Il traduit les classiques en langue contemporaine.

Lee Seung-u

Né en 1960 à Jangheung, Lee Seung-u poursuit des études de théologie à l’université et devient professeur d’écriture créative. Dans ses œuvres, fortement inspirées par la mythologie européenne, Lee Seung-u développe l’idée de rédemption comme finalité de l’existence. Le conflit intérieur, tout comme le conflit avec les autres, est sans cesse abordé au travers d’une œuvre d’une grande cohérence thématique. Ses premiers ouvrages ont été traduits en France chez Zulma. Deux de ses romans vont paraître en France cette année : La baignoire chez Serge Safran en mars, et Le chant de la terre chez Decrescenzo en octobre.

Suzy Lee

Suzy Lee, née en Corée en 1974, a étudié les arts appliqués à l’université nationale de Séoul. Elle utilise dans ses dessins un nombre limité de couleurs et une technique d’une grande simplicité, et, parmi les matériaux, particulièrement le charbon parce qu’il exprime des qualités contraires dans un même temps : volume et lignes nettes, le statique et le dynamique. Pour Suzy Lee, il n’y a pas de différence entre la création artistique et les livres pour enfants : elle considère ces derniers comme des œuvres d’art. Certains de ses albums sont parus en France, à La Joie de lire, chez Sarbacane, Actes Sud Junior, au Rouergue, et les trois derniers chez Kaléidoscope entre 2009 et 2013.

Lim Chul-woo

Né dans le Wando en 1954, Lim Chul-woo est diplômé en littérature anglaise et enseigne la création littéraire à l’université. L’œuvre de Lim Chul-woo, marquée par l’histoire douloureuse de la Corée, s’attache à retranscrire les expériences des Coréens face à la violence et à la répression. Il a fait de la démocratisation du pays une puissante source d’inspiration. Considéré comme un auteur subversif, il témoigne de la violence de l’histoire et de la confiance en l’être humain. L’Asiathèque publiera en France en mars son dernier roman, Le phare.

Mah Chong-gi

Mah Chong-gi est né en 1939 à Tokyo. Il effectue ses études universitaires à Séoul, à l’université nationale et à l’université Yonsei. Cet ancien médecin traite essentiellement de ses expériences de praticien et de sa vie à l’étranger. Lorsqu’il parle de ses voyages, il exprime l’opposition entre son existence présente et ses souvenirs de la Corée, son mélange d’amour et de haine pour son pays. Son seul recueil de poésie publié en France, Celui qui garde ses rêves, l’a été en 2014 par Bruno Doucey.

Moon Chung-hee

Née en 1947 à Boseong, Moon Chung-hee poursuit ses études de littérature coréenne à l’université Dongguk. Le cœur de la poésie de Moon Chung-hee révèle une conscience romantique distincte. Elle traite de façon touchante des thèmes de l’amour, de la réticence, de la souffrance et de la liberté. Elle utilise parfois des éléments des contes de fée pour produire une allégorie de la réalité. Son seul recueil traduit en France, Celle qui mangeait le riz froid, l’a été en 2012 chez Bruno Doucey.

Oh Jung-hi

Née à Séoul en 1947, Oh Jung-hi effectue ses études à l’Ecole des arts de Sorabol. Dans le milieu des années 1970, l’auteure se concentre sur la vie quotidienne, son ennui et son absence de signification. Les protagonistes de ses récits les plus récents sont pour la plupart des femmes mariées d’âge moyen, qui voudraient échapper à leur rôle défini dans la société afin d’accéder à une existence plus vraie. Ses romans et recueils de nouvelles ont été traduits en France, de 1991 à 2014, chez Philippe Picquier, au Seuil et chez Serge Safran.

Oh Yeong-jin

Né en 1970, Oh Yeong-jin est l’une des grandes figures du manhwa. Chroniqueur lucide et désenchanté de la société coréenne contemporaine, il est l’auteur de plusieurs titres remarqués dont Le visiteur du Sud (traduit en français chez FLBLB, 2011) pour lequel il reçoit en 2008 le prix Asie-ACBD décerné par l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée. Avec Adulteland (FLBLB, 2014), Oh Yeong-jin explore la question du transhumanisme et mène une réflexion passionnante sur la technicisation des sociétés contemporaines, où les plus pauvres en sont réduits à vendre leurs organes pour survivre alors que des scientifiques mettent au point des cyborgs auprès desquels on vient trouver refuge.

Park Kun-woong

Né en 1972, Park Kun-Woong est une figure incontournable du roman graphique coréen. Auteur de Fleur (Casterman, 2006 ou encore de Massacre au pont de No Gun Ri (Vertige Graphic, 2007), il s’intéresse de près à l’histoire moderne de la Corée et aux cicatrices qui ont pu marquer son pays. Avec Je suis communiste, qui a reçu le soutien du Centre national du livre et dont le 2e volume est paru en septembre 2015 chez Cambourakis, Park Kun-woong s’empare du témoignage poignant de Hur Young-chul, incarcéré pendant trente-six années dans les geôles de Corée du Sud, pour raconter la longue et douloureuse histoire des deux Corées.

Park Sang-hoon

Park Sang-hoon, politologue, a étudié la gestion des entreprises à l’université nationale de Séoul, puis obtenu un doctorat en sciences politiques à l’université de Corée. Il est l’auteur de plusieurs essais sur la place de la politique dans la société et la démocratie. Il n’a jamais été traduit en français.

Puuung

Née le 15 août 1992, Puuung (de son vrai nom, Park Dami) étudie l’illustration à l’université nationale des arts de Corée. Elle a commencé à dessiner ce qu’elle aime, c’est-à-dire les bâtiments et les gens. Ce fut le début de la série d’illustrations "Love is"Selon Puuung, l’amour est un sujet auquel tout le monde peut s’identifier. Elle cherche donc à retrouver le sens de l’amour caché dans nos vies quotidiennes et à en faire des dessins. Elle n’est pas publiée en France.

Yi In-seong

Né en 1953 à Jinhae, Yi In-seong devient professeur de littérature française à l’université nationale de Séoul. Il prend une retraite largement anticipée pour se consacrer à son travail d’auteur. Passionné d’expérimentation littéraire, Yi In-seong a toujours cherché à s’éloigner de la grammaire narrative du réalisme. Il emploie volontiers des techniques stylistiques destinées à défamiliariser la réalité décrite, comme le mélange des temps verbaux, la fusion entre fantastique et réalité, ou les ellipses temporelles. En Corée du Sud, il est un chef de file, influençant de nombreux jeunes auteurs. Decrescenzo réédite en mars son roman Saisons d’exil, paru en 2004 chez L’Harmattan.

Yun Suk-nam

Considérée comme la marraine de la peinture féministe coréenne, Yun Suk-nam présente des œuvres amples et chaleureuses qui parlent de la vie et de la consolation sur le thème de la "mère". Agée de plus de 70 ans lorsqu’elle a débuté dans le monde de l’album, elle a réalisé un livre sur l’histoire d’une famille et ses trois générations - grand-mère, mère et fille. Ses œuvres ont été exposées à Liverpool en Angleterre, à Seigen en Allemagne, à Turin en Italie, à Bâle en Suisse, à Kamakura au Japon… Auteure non traduite en français.

Agathe Auproux



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