Des propos du gestionnaire de l'oeuvre d'Hergé suscitent un tollé

Nick Rodwell

Des propos du gestionnaire de l'oeuvre d'Hergé suscitent un tollé

Nick Rodwell s'est une fois de plus mis à dos les "tintinophiles" et les journalistes alors que sa stratégie est de plus en plus contestée.

Par Vincy Thomas
avec vt, avec afp Créé le 15.04.2015 à 21h52

Des attaques très personnelles de Nick Rodwell, administrateur de la société Moulinsart SA, qui gère l'oeuvre d'Hergé, envers des journalistes français et belges dans la section "blog" du site officiel du célèbre "reporter à la houppe" ont déclenché lundi un tollé en Belgique.

L'affaire, révélée par le quotidien flamand De Morgen souligne à nouveau les relations tumultueuses qu'entretient l'homme d'affaires britannique, mari de Fanny Vlamynck -veuve de l'auteur de BD- avec le monde des "tintinophiles".

La vindicte de Nick Rodwell est nourrie par les critiques formulées par ces journalistes contre sa gestion de l'héritage artistique du père de Tintin, notamment les mesures de protection très strictes érigées autour de l'oeuvre d'Hergé, mais aussi le coûteux échec du Musée Hergé, ouvert récemment. Les journalistes français s'étaient déjà plaints de l'encadrement trop stricte des informations et illustrations à divulguer.

Dans plusieurs billets publiés ces derniers jours en français et en anglais sur Tintin.com, le patron de Moulinsart SA traitait de "menteur" un journaliste du quotidien Le Figaro. Il s'en prenait de façon plus virulente encore à un chroniqueur de Canal +, Albert Algoud, et à un de ses confrères de la chaîne publique belge RTBF, Hugues Dayez, tous deux auteurs de nombreux ouvrages sur Tintin.


Attaques personnelles, propos indignes

Selon la RTBF, l'administrateur-délégué de Moulinsart SA dit avoir pris le temps de "farfouiller dans les vies privées de ces messieurs, dans l'espoir de trouver la racine de leur haine à mon égard". Nick Rodwell évoque ainsi des drames familiaux qui motiveraient les frustrations de ses détracteurs. Dans un texte précédent, il avait tenu des propos sexistes et méprisant avant de formuler des attaques personnelles à l'égard de Sophie Flouquet, du Journal des Arts. Il avait par ailleurs traité un journaliste du Monde de "neuneu".


Ces propos "indignes" ont "profondément heurté l'ensemble des journalistes et collaborateurs de l'entreprise", a réagi dans un communiqué la RTBF, qui "se réserve le droit d'envisager les suites à donner à ces écrits d'une époque que l'on croyait révolue".

"Nick Rodwell ne supporte pas la critique quand elle n'est pas positive, mais ce n'est pas nouveau", a pour sa part souligné sur la RTBF Martine Simonis, secrétaire générale de l'Association des journalistes professionnels de Belgique.

Moulinsart SA n'était pas joignable lundi pour commenter ces écrits. Mais les textes à l'origine du scandale ont été supprimés du site en fin d'après-midi. Le site Tintin.com a ensuite annoncé la suspension du "blog de Nick", a constaté l'AFP.

"Dans un esprit d'apaisement, nous avons décidé de supprimer les textes contestés ainsi que leurs commentaires, trop souvent entachés de haine et de désir de nuire. Une bonne polémique, oui, un lynchage non", pouvait-on lire en fin de journée dans un communiqué publié par Tintin.com sous le titre: "Tant de haine..."

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