Chapitre en faillite : les réactions | Livres Hebdo

Par Clarisse Normand, le 29.11.2013 à 14h14 (mis à jour le 29.11.2013 à 18h31) Librairie

Chapitre en faillite : les réactions

La librairie Chapitre à Chalon-sur-Saône

Du SLF aux éditeurs et distributeurs en passant par la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, Livres Hebdo recense, recueille et actualise en temps réel les réactions provoquées par l'annonce du dépôt de bilan de la chaîne de librairies Chapitre.

En annonçant, jeudi 28 novembre la mise en cessation de paiement de son réseau de 53 librairies qui a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 153 millions d'euros, et dès avant l'examen du dossier par le tribunal de commerce de Paris, lundi 2 décembre, la direction de Chapitre, filiale d'Actissia (France Loisirs), qui appartient au fond d'investissement américain Najafi, a suscité de multiples réactions parmi les professionnels du livre et au sein des pouvoirs publics.

• Dès jeudi soir, le Syndicat de la librairie française (SLF) a fait paraître un communiqué pour exprimer son souhait que "toutes les conditions et les énergies soient réunies afin de permettre au plus grand nombre de librairies, en recouvrant leur indépendance, de reprendre leur développement et de retrouver toute leur place sur le marché du livre et auprès de leurs clients". Le SLF estime aussi qu'"après la disparition des magasins Virgin, le dépôt de bilan de Chapitre marque l’échec de stratégies de rationalisation jusqu’à l’excès, incompatibles avec la réalité du métier de libraire et avec les attentes des lecteurs."

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a très vite fait savoir qu'elle suivait "de près" le dossier et restait attentive sur l'évolution de l'ensemble du réseau Chapitre mais aussi sur la reprise des librairies une par une.

Françoise Nyssen, P-DG d'Actes Sud, estime que Chapitre, comme Virgin, a été "victime d'une politique de groupe où les enjeux financiers passent avant la qualité de l'offre." Appelant à un soutien des projets de reprise des établissements, elle réaffirme sa "confiance dans l'avenir des librairies indépendantes."

Hélène de Laportalière, directrice commerciale de Sodis, la filiale de distribution de Gallimard, évoque un "beau gâchis" dont l'impact financier pour la profession sera "à peine inférieur à celui qu'a eu Virgin quelques mois plutôt."

• Vendredi soir, le Syndicat national de l'édition présidé par Vincent Montagne, a fait savoir dans un communiqué qu'il souhaitait que la disparition de la chaîne ne marque pas la fin des 57 librairies. Le SNE dénonce "une incompréhension du métier de la librairie par les actionnaires du groupe Actissia, un manque de dialogue entre leurs responsables et les éditeurs [qui] ont conduit à cette situation." Il rappelle le dynamisme de nombreuses librairies et chaînes: "Partout en France, des libraires indépendants prospèrent et témoignent de la vitalité et de la pérennité de ce métier essentiel à nos maisons, à leurs auteurs et à la diversité éditoriale."
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