Benjamin R. Barber, l'auteur de "Djihad versus McWorld", est mort | Livres Hebdo

Par Sophie Gindensperger, le 26.04.2017 à 15h22 (mis à jour le 26.04.2017 à 16h00) Disparition

Benjamin R. Barber, l'auteur de "Djihad versus McWorld", est mort

Benajmin R. Barber - Photo ERICH HABICH/CC BY-SA 3.0

Le politologue américain, pionnier dans l'analyse d'un ordre mondial annonciateur des attaques du 11 septembre 2001, avait 77 ans.

Le politologue Benajmin R. Barber est mort lundi 24 avril à New York, à l'âge de 77 ans. En 1995, son ouvrage Djihad versus McWorld: comment le mondialisme et le tribalisme remodèlent le monde (en français, Djihad versus McWorld : mondialisation et intégrisme contre la démocratie, chez Desclée De Brouwer), livrait une analyse prophétique d'un monde qui se préparait à vivre les attaques du 11 septembre 2001. 

Professeur de sciences politiques à l'université du Maryland puis à l'université Fordham de New York, il était spécialiste de la société civile, et est l'auteur de nombreux ouvrages sur la démocratie et le capitalisme, dont plusieurs ont été traduits en France.

Dans L'empire de la peur: terrorisme, guerre, démocratie (Fayard, 2003, Hachette littératures, 2004), il critique l'unilatéralisme, la dissuasion nucléaire et le recours aux solutions militaires, et plaide pour des relations de coopération multilatérale fondées sur le droit. 

Dans Comment le capitalisme nous infantilise (Fayard, 2007), il prône une réaffirmation des valeurs démocratiques et civiques au niveau mondial face aux effets néfastes de l'économie capitaliste sur les Etats.

En 2015, son ouvrage Et si les maires gouvernaient le monde?: décadence des Etats, grandeur des villes (Rue de l'échiquier) est un plaidoyer pour la gouvernance locale. Il s'appuie sur l'expérience d'une douzaine de maires afin d'esquisser ce que pourrait devenir le pouvoir local.

Ancien conseiller de Bill Clinton, Benjamin R. Barber pronait les vertus de la démocratie décentralisée, d'un "auto-gouvernement sans intermédiaires, mené par des citoyens engagés", rappelle le New York Times.
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