Wilfrid Lupano refuse la distinction de Chevalier des arts et des lettres | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 21.05.2019 à 18h00 Bande dessinée

Wilfrid Lupano refuse la distinction de Chevalier des arts et des lettres

Wilfrid Lupano en 2015 - Photo CAPTURE D'ÉCRAN YOUTUBE

L’auteur de bande dessinée s’est justifié en critiquant la politique économique, migratoire et sécuritaire du gouvernement.

Le scénariste de bande dessinée Wilfrid Lupano a refusé, lundi 20 mai, la distinction de Chevalier des arts et des lettres accordée par le ministre de la Culture Franck Riester. Dans un texte publié sur Twitter, l’auteur des Vieux fourneaux (Dargaud) critique vertement la politique du gouvernement auquel il reproche ses lacunes en matière de répartition de la richesse et d’accueil des réfugiés.
 
"Comment accepter la moindre distinction de la part d’un gouvernement qui, en tout point, me fait honte ?", écrit l’artiste, qui dresse un inventaire des griefs formulés au pouvoir en place. Il fustige en premier lieu la politique économique d’Emmanuel Macron, qu’il juge dommageable pour les services publics, "au nom du refus dogmatique de faire payer aux grandes entreprises et aux plus grosses fortunes les impôts dont elles devraient s’acquitter".

Une "politique indigne"
 
L’auteur se désole également du refus de la France d’accueillir les 160 réfugiés de l’Aquarius à l’automne 2018, signe, pour lui, d’une "politique indigne d’accueil des migrants et en particulier des mineurs isolés". Wilfrid Lupano rappelle que le gouvernement a fait passer à 90 jours la période de rétention pour les étrangers en situation irrégulière. "De la prison, donc, pour des personnes n’ayant commis aucun crime", juge le scénariste, qui condamne "de sordides calculs électoraux [contraires] aux principes philosophiques et moraux qui sont à la base de la constitution et de l’histoire de ce pays."
 
L’artiste fustige également l’inaction du gouvernement sur les sujets climatiques, ainsi que sa "dérive sécuritaire" dans le maintien de l’ordre.
 
"Dans un monde où les distinctions culturelles seraient remises par le milieu culturel lui-même, sans intervention du politique, j’aurais accepté celle-ci avec honneur et plaisir. Mais il n’y a pas de geste politique qui ne soit aussi symbolique," conclut Wilfrid Lupano.
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