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Une rentrée sous le signe du changement pour Bourgois éditeur

Une rentrée sous le signe du changement pour Bourgois éditeur

Développement du domaine français, émergence de nouvelles plumes et formes littéraires, travail sur l’identité visuelle des romans : la rentrée de Bourgois cristallise le renouveau de la maison, porté par l'arrivée d'une nouvelle équipe. 

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Par Pauline Leduc,
Créé le 19.05.2020 à 15h25,
Mis à jour le 19.05.2020 à 16h00

Coronavirus oblige, la rentrée littéraire 2020 sera inhabituelle pour l’ensemble du monde de l’édition. Et tout particulièrement pour Bourgois éditeur qui présente son premier programme de rentrée depuis le renouvellement de l’équipe et le départ de Dominique Bourgois l’an passé. Dirigée par Clément Ribes, son directeur éditorial, la maison - dont l’investisseur quasi exclusif est Olivier Mitterrand – est désormais portée par 8 salariés dont la moyenne d’âge ne dépasse pas trente ans.

Pour ce premier exercice, Clément Ribes avait conçu un programme « mixte » alliant nouveaux projets et publication de titres achetés par Dominique Bourgois en littérature étrangère avant son départ. Cinq titres, soit le volume publié ces dernières années par l’éditeur, étaient ainsi prévus. «  Nous avons dû, comme tout le monde, réduire mais je ne voulais pas que la crise sanitaire nous impose de raboter la diversité éditoriale de notre programme et notre volonté de porter de nouvelles voix », explique Clément Ribes.

Adapter l’esprit Bourgois

Ce dernier a donc choisi de maintenir le primo romancier français Hugo Lindenberg (Un jour ce sera vide), Grégory Le Floch (De parcourir le monde et d’y rôder), jeune plume française, déjà auteur d’un titre aux éditions de L’Ogre, et l’américaine Laila Lalami, peu connue en France mais dont le roman Les autres américains a été finaliste du National Book Award. Le nouveau Tupelo Hassman, déjà publiée chez Bourgois en 2014, et le roman de Carmen Maria Machado, que Clément Ribes avait déjà édité à l’Olivier, sont reportés à l’an prochain.

Les titres de ce programme de rentrée sont liés par une volonté de « publier des livres qui trouvent de nouvelles manières de raconter des histoires ». Ce parti pris sous tend l’ensemble de la stratégie éditoriale de la maison et s’inscrit, selon le directeur éditorial, dans « l’esprit Bourgois ». «  Je ne souhaite pas du tout être en rupture avec l’âme de cette maison qui s’est construite autour de multiples influences et a été avant gardiste, défendant de nouvelles écritures et nouvelles formes », précise Clément Ribes. Ce dernier, souhaite aussi perpétuer «l’attention qu’avait Christian Bourgois de constituer un catalogue de littérature étrangère cosmopolite sans céder au tout américain ».

Nouvelle forme

Pour autant, le nouveau directeur éditorial compte aussi procéder à des changements en imprimant sa marque et ses goûts. En commençant par développer le domaine français à raison de 4 à 5 titres par année d’ici deux ans. Tout en continuant à publier des auteurs du catalogue Bourgois, il souhaite aussi faire émerger de nouveaux écrivains.

Au-delà des réflexions éditoriales, l’équipe a travaillé sur l’identité visuelle des romans. Les couvertures des grands formats s’ouvrent maintenant à des photos ou illustrations. Le nom du traducteur, jusqu’alors absent de la couverture, y sera systématiquement inclus. La typographie, qui a été créée spécifiquement pour Bourgois, ne change pas mais elle a été modernisée pour permettre une meilleure lisibilité.

Enfin, la collection poche, sera relancée en juin avec des couvertures illustrées qui trancheront avec la sobriété jusqu’alors de mise.
 

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