Lancé en mars dernier (1), Izneo avait fait l'événement puisque douze éditeurs assurant près de la moitié du marché de la bande dessinée en France s'étaient associés pour créer une plateforme collective de vente et de location de BD numérisées. Un an après, Izneo vient de lancer ses premières formules d'abonnement pour les médiathèques et pour le grand public via les libraires ou en direct (15 albums pour 30 jours au tarif de 9,90 euros pour un mois, 54,90 euros pour six mois, 99,90 euros pour un an). Une quinzaine de librairies utilisent à ce jour Izneo sous affiliation ou intégration en marque blanche. Régis Habert, son directeur général, se réjouit de l'année écoulée avec près de 2 millions d'albums ouverts, 20 000 clients sur Izneo.com (auxquels s'ajoutent ceux des sites des libraires) et un chiffre d'affaires de 250 000 euros, sans marketing ni communication. 3 000 bandes dessinées d'une vingtaine d'éditeurs différents sont à ce jour disponibles et 80 % d'entre elles sont lues sur des tablettes.
"Un tsunami se prépare, et nous sommes sur la plage, métaphorise Claude de Saint-Vincent, le directeur général de Média-Participations, à l'initiative d'Izneo. La bande dessinée est un déjà genre multimédia, nous sommes obligés d'organiser une offre numérique." Huit éditeurs avaient participé au lancement de la plateforme : Bamboo, Casterman, Dargaud, Delcourt, Dupuis, Glénat, Le Lombard, Soleil. Par la suite, Jungle est venu les rejoindre, tandis que Delcourt/Soleil a annoncé son intention de se retirer. Bien qu'associé, Glénat n'a pas encore utilisé Izneo. "Ce n'est pas notre préoccupation première cette année, explique Jean Paciulli, le directeur général. Cela viendra mais nous ne sommes pas pressés." Bamboo reste, lui, associé à Izneo, mais fait parallèlement des tests avec Hachette car, comme tous les diffusés du groupe, il est invité à utiliser les outils maison.
(1) Voir "Izneo fédère la bande dessinée", LH 850, du 28.1.2011, p. 12-15.
