Les importations constituent l’autre variable expliquant la situation de l’imprimerie en France. Les statistiques douanières mélangent livres commandés par des éditeurs français à des imprimeurs étrangers, et livres d’éditeurs étrangers diffusés dans les librairies françaises, brouillant le tableau. Certains flux, en fonction de leur origine (Asie, Pologne, Slovaquie, Roumanie) ou de leur volume (Italie, Espagne), relèvent à l’évidence de la première catégorie et donc du marché de la fabrication de livres. La concurrence des imprimeurs de ces pays reste globalement forte, mais connaît des redistributions : la pression de l’Asie, et notamment de la Chine, a baissé d’environ 20 % depuis le début des années 2010, de même que celle de l’Italie. Très bien placés en quadrichromie, les imprimeurs italiens semblent avoir toutefois bien profité du marché scolaire (+ 12 % d’importations de livres en 2016, après quatre années de baisse). Les imprimeurs espagnols ont pris régulièrement des parts de marché (+ 30 % depuis 2010), mais plus encore ceux des pays de l’Est de l’Union européenne : l’an dernier, le total des importations en provenance de Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Bulgarie a atteint 56,5 millions d’euros, soit dix fois plus que dix ans auparavant. Les imprimeurs polonais ont multiplié par 35 leur volume de production à destination de la France, à 25,8 millions d’euros. Au cours du premier semestre, le tonnage de livres en provenance de la Pologne a même bondi de 351 % selon l’Idep. Mais le plus gros tirage de l’année a été européen : les 2 millions d’exemplaires d’Astérix et la Transitalique ont été répartis entre l’Italie (Rotolito), la Roumanie (Canile) et la France (Pollina).
(1) Institut de développement et d’expertise du plurimédia.
