Michael Connelly : "le polar fait triompher le bien"

Michael Connelly : "le polar fait triompher le bien"

Invité d'honneur du festival Quais du polar de Lyon, l'écrivain américain, dont Calmann-Lévy a publié Volte-face le 9 mai, analyse le succès mondial du genre.

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Par Claude Combet
avec Créé le 05.12.2014 à 14h06 ,
Mis à jour le 23.04.2015 à 10h06

Photo TERRILL LEE LANKFORD

«Le polar repose sur le principe que le monde est un chaos, le lieu de tous les crimes, analyse Michael Connelly. Les auteurs portent inconsciemment le message que les choses peuvent se résoudre et que le bien peut triompher : je suis sûr que c'est ce qui fait son succès dans le monde entier." Rencontré le mois dernier au festival Quais du polar, à Lyon, dont il était invité d'honneur, l'écrivain américain, dont Calmann-Lévy a lancé le 9 mai Volte-face, ajoute avec humour que le polar "révèle l'instinct de l'homme. Comment réagir sous le stress ? Quel choix doit-on faire ? Quel risque doit-on courir : le lecteur s'identifie au héros, même si dans 99,99 % des cas, personne n'affronte de telles situations", explique-t-il. Avec 25 titres à son actif, dont 22 traduits, l'auteur des Egouts de Los Angeles avoue avoir voyagé pour la promotion de ses livres dans 46 des 50 Etats américains. Il se déclare désormais bien décidé à visiter l'Europe, où il juge les lecteurs et les journalistes plus curieux. "Les discussions sont plus intéressantes, on peut confronter les points de vue alors que, aux Etats-Unis, on me demande quel acteur peut incarner Harry Bosch", raconte-t-il. Des lecteurs italiens et espagnols, il retient le goût pour la politique, tandis qu'il estime les Français plus enclins à une réflexion sociale, soucieux du sens de l'Histoire.

Si tous les auteurs ont le pouvoir d'inventer des récits et de mettre leurs personnages dans des situations extrêmes, "des cultures différentes apportent des réponses différentes", souligne-t-il. Aux auteurs de polars américains, trop proches de son propre travail, il préfère des écrivains "plus exotiques", comme le Sud-Africain Deon Meyer, présent à Lyon, ou même Maj Sjöwall, qu'il a rencontrée dans un festival en Suède, et Per Wahlöö, qui furent dans les années 1970 les précurseurs du polar suédois. Il confesse aussi avoir lu le premier Millénium.

Comme son héros Harry Bosch ne devrait pas tarder à prendre sa retraite, Michael Connelly, qui vit désormais en Floride, rêve d'écrire sur le Los Angeles des années 1960. En attendant, les lecteurs français peuvent lire aussi bien Volte-face que La lune était noire, L'oiseau des ténèbres et L'envol des anges, réédités par Calmann-Lévy et repris au Livre de poche.

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