Les grands prix littéraires en chiffres | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, le 24.11.2017 (mis à jour le 27.11.2017 à 13h11) Statistiques

Les grands prix littéraires en chiffres

Livres Hebdo a analysé, depuis le premier Goncourt en 1903, les palmarès des grands prix littéraires d’automne qui ont couronné 503 auteurs de 64 maisons d’édition.


Un homme d’une quarantaine d’années. Tel est le profil moyen des lauréats 2017 des grands prix littéraires d’automne. Il ne diffère guère de celui observé depuis la création des prix : le Goncourt (1903), le Femina (1904), le grand prix du Roman de l’Académie française (1915), le Renaudot (1926), l’Interallié (1930) et le Médicis (1958). Sans surprise non plus, Grasset et Gallimard figurent en tête des maisons récompensées, mais le millésime 2017 marque le retour de Julliard, absent des palmarès depuis 1982. Prenant en compte tous les lauréats des 115 saisons écoulées depuis 1903, y compris ceux de 2017 à l’exception de celui de l’Interallié dont l’identité a été dévoilée le 22 novembre, après notre bouclage, Livres Hebdo a procédé à une analyse statistique détaillée.

Depuis 1903, 503 auteurs issus de 64 maisons d’édition ont été distingués par l’un des grands prix historiques. 59 d’entre eux ont été primés deux fois. Seul Philippe Hériat a remporté trois grands prix. Parmi les lauréats multiprimés, seuls Andreï Makine (Le testament français, Mercure de France, 1995), Patrick Rambaud (La bataille, Grasset, 1997) et Jonathan Littell (Les Bienveillantes, Gallimard, 2006) ont décroché deux prix la même année. Un seul écrivain a été distingué deux fois par le même prix : Romain Gary a reçu le Goncourt en 1956 pour Les racines du ciel et en 1975 avec La vie devant soi, sous le pseudonyme d’Emile Ajar.

 

1. Le lauréat est le plus souvent un homme

Sans surprise, le Femina a récompensé la plus grande proportion de femmes (37,7 %) depuis sa création, suivi par le Médicis (21 %). A l’inverse, avec respectivement 10,3 % et 10,8 % d’auteures distinguées, le Goncourt et l’Interallié privilégient nettement les hommes.

2. Il ou elle a 43,9 ans en moyenne

Trois grands prix d’automne se situent en dessous de la moyenne d’âge générale : Goncourt (41,8 ans), Renaudot (42,6 ans) et Femina (43,3 ans). Le grand prix du Roman de l’Académie française récompense les auteurs les plus âgés, avec une moyenne de 47,3 ans. Les plus jeunes : Alexandre Jardin (Femina, 1988) et J. M. G. Le Clézio (Renaudot, 1963), 23 ans. La plus âgée : Henriette Jelinek (Académie française, 2005) : 82 ans.

3. Il est édité chez Gallimard

Nombre de grands prix par éditeurs1903-2017

Gallimard et Grasset se partagent 55,7 % des grands prix d’automne depuis 1903. Les distinctions attribuées à Grasset ne tiennent pas compte des cinq prix décernés à Fasquelle entre 1906 et 1921. Les deux maisons ont été des entités distinctes jusqu’en 1967.

4. Julliard avait pourtant percé dans les années 1950

Nombre de grands prix par éditeurs par décennies

Après une percée dans les années 1950, Julliard a connu deux décennies de disette, qui a pris fin avec le Femina 2017 à La serpe de Philippe Jaenada. Denoël, récompensé par 10 prix dans les années 1930, s’est progressivement éloigné de la lumière. Son dernier prix date de 2004, avec le Renaudot attribué à Irène Némirovsky pour Suite française. Albin Michel alterne les périodes de victoire et de disette.

5. Sur les douze dernières années, Gallimard est talonné par Grasset

Nombre de grands prix par éditeurs 2005-2017

Sur 20 maisons récompensées depuis 2005, six éditeurs émergent pour la première fois dans la liste des lauréats, dont quatre petites entreprises indépendantes : de Fallois (4 prix), Zulma (2), Sabine Wespieser (1) et Verdier (1). Depuis douze ans, P.O.L et Actes Sud réalisent de belles échappées, remportant respectivement 70 % et 80 % du total des prix de leur histoire. Le Femina détient le record, depuis 2005, du plus grand nombre de maisons récompensées (10), tandis que le grand prix du Roman de l’Académie française se place en bas du classement (5).

6. Et c’est Littell qui s’est le mieux vendu

Ventes de livres en exemplaires dans l’année même du prix (2005-2016)

Seules les ventes enregistrées par GFK depuis la date de sortie de chaque ouvrage jusqu’au 31 décembre de la même année ont été comptabilisées.

Ces chiffres ne reflètent donc pas le nombre total d’exemplaires vendus jusqu’à aujourd’hui.

 
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