Crise sanitaire

Lent retour à la normale pour les bibliothèques municipales

Médiathèque André Malraux à Strasbourg - Photo GOOGLE MAPS

Lent retour à la normale pour les bibliothèques municipales

Rouvertes depuis la fin du confinement, les bibliothèques et médiathèques municipales commencent à retrouver leur public. Entre adaptation à la crise sanitaire et nouveaux défis.

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Par Dahlia Girgis, Thomas Faidherbe,
Créé le 26.09.2020 à 12h40,
Mis à jour le 26.09.2020 à 13h00

"Nous proposons à nos usagers de fabriquer des outils pour régler leur masques à l'aide de nos imprimantes 3D", raconte Lucie Daudin, directrice du réseau de médiathèque de la Plaine Commune. Située en région parisienne, la structure a adapté ses animations au contexte de crise sanitaire. "On fait appel à notre imagination et créativité, pour ne pas être un simple lieu de prêt, mais pour proposer une offre culturelle", explique la responsable. Rouvertes depuis la fin du confinement, les bibliothèques et médiathèques municipales commencent à retrouver leur public.

"On a fait quelques animations au cours de l’été mais on considère que notre vraie reprise sera en octobre. On est plus dans une perspective d’adaptation que d’annulation d’événements. On fait comme s'il n’y avait pas de crise, en s'adaptant aux conditions sanitaires", déclare Bertille Détrie, responsable du département médiation et communication du réseau de Strasbourg. Les conditions sanitaires sont quasiment identiques pour l'ensemble des structures avec le port du masque obligatoire, l'utilisation de gel, le respect de la distanciation sociale et la mise en quarantaine des documents. Pour s'orienter, les professionnels s'appuient sur les recommandations nationales et sur les préconisations des associations du secteur.

Adaptation

L'organisation est changée. C'est le cas à Paris où les places assises ont quasiment toutes disparues. "On privilégie d’avoir une bibliothèque active, c’est à dire un public qui n’est pas statique. Pour cela, on a enlevé des chaises mais également la consultation des périodiques", justifie Véronique Astien, sous-directrice de l'éducation artistique et des pratiques culturelles à la Direction de la culture de Paris. Ces espaces de travail supprimés entraînent une baisse de fréquentation des visiteurs. Même constat à la bibliothèque François-Mauriac, à Sainte-Geneviève-des-bois (Essonne) : "La jauge à respecter pénalise surtout les espaces de travail pour les étudiants, c'est dommage de les perdre", déplore Clarisse Dire, directrice des bibliothèques la ville. Il existe tout de même des exceptions comme à Nice : "Les étudiants sont plus nombreux car il y a très peu de bibliothèques universitaires qui sont ouvertes", note une bibliothécaire du réseau.

Les usagers habituels presque de retour

"Cet été, la fréquentation a baissé d'environ 36%, on a du mal à retrouver notre public et surtout les jeunes", confie Agaëlle Houlbert,  responsable de la direction du rayonnement culturel et de la médiathèque Jean Rousselot à Saint-Quentin-en-Yvelines. Même constat dans le réseau des bibliothèques de Grenoble. "Depuis le déconfinement les enfants sont peu revenus, surtout pendant l’été, mais il commence progressivement à faire le retour", témoigne Isabelle Westeel, du réseau grenoblois. Les animations scolaires débuteront globalement dès octobre.

Si le jeune public revient timidement, les autres usagers, bien que moins nombreux, sont de retour. "L'affluence est énorme depuis la rentrée : par rapport à 2019, les inscriptions d'usagers ont augmenté de 20%. Un engouement qui fait plaisir", commente Hugues Ramplou, directeur de la médiathèque Théodore Monod à Juvignac, ville limitrophe de Montpellier. L'ensemble de la profession se réjouit de reprendre, malgré la situation incertaine. "Il y a une crainte de faire beaucoup de choses pour rien. D’un point de vue managérial, c’est une frustration nouvelle à gérer", explique Arsène Ott, responsable de la médiathèque André-Malraux et du réseau de l’Eurométropole (Strasbourg).

Pression et fatalisme

La situation en Guadeloupe démontre l'inquiétude dans laquelle travaillent les bibliothécaires. "Jusqu’à fin juillet, on était sur un système de rendez-vous, puis il y a eu un retour à la normale, avec le retour du virus, nous sommes de nouveau retournés aux rendez-vous", explique Jeannette Cassubie, responsable de la bibliothèque de Petit-Bourg. Le département a été classé récemment en zone d'alerte maximale. La structure doit recevoir un soutien de la direction des affaires culturelles de 30000 euros et la mairie lui propose 10000 euros.

Depuis les annonces du ministre de la Santé, Olivier Véran, mercredi, la plupart des grandes villes, et plusieurs régions sont en état de semi-confinement à partir de lundi. "Le personnel est très stressé. Face à cette charge que provoque la maladie, on aimerait vraiment un allégement psychologique de nos conditions", confie une bibliothécaire niçoise. Hugues Ramplou refuse la pression causée par la Covid-19: "On s’organise et surtout on se débrouille." Agaëlle Houlbert admet un certain fatalisme: "En tout cas s’il faut fermer, advienne que pourra."

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