Le Nobel de littérature est décerné au Français Jean Marie Gustave Le Clézio

J. M. G. Le Clézio © Jacques Sassier/Gallimard

Le Nobel de littérature est décerné au Français Jean Marie Gustave Le Clézio

Le prix a été décerné jeudi 9 octobre à « l'écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante ».

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Par Vincy Thomas,
avec vt, avec afp,
Créé le 09.10.2008 à 00h00,
Mis à jour le 09.10.2008 à 00h00

J. M.G. Le Clézio a reçu le prestigieux prix Nobel de littérature. Il succéde ainsi à Doris Lessin, lauréate 2007. L'Académie suédoise a récompensé « l'écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante ».

En 45 ans d'écriture, Jean Marie Gustave Le Clézio, 68 ans, grand voyageur fasciné par les mondes premiers est l'auteur d'une cinquantaine de livres, portés par une grande humanité.

J.M.G. Le Clézio est né le 13 avril 1940 à Nice d'une famille bretonne (son nom signifie « les enclos » en breton), émigrée à l'Ile Maurice au 18e siècle. Après sa licence de lettres, il a travaillé à l'Université de Bristol et de Londres, consacrant un diplôme d'études supérieures à Henri Michaux. A l'âge de 23 ans, il obtient le prix Renaudot pour un coup d'essai qui fut, et qui demeure, un coup de maître, Le procès-verbal. En 1996, il justifiait sa vocation ainsi : « De deux choses l'une : on risque de se faire avaler par la littérature ou par soi-même. Si on se fait avaler par soi-même, on devient fou. Si on se fait avaler par la littérature, on devient écrivain. »

Son écriture est classique, simple mais raffinée, colorée, amoureuse des langages

Son oeuvre, qui comprend des contes, des romans, des essais, des nouvelles, des traductions de mythologie indienne, des livres de photo, d'innombrables préfaces, articles et contributions à des ouvrages collectifs, est perçue comme une critique de l'Occident matérialiste, sous tendue par une attention constante aux faibles et aux exclus. Son écriture est classique, simple mais raffinée, colorée, amoureuse des langages.

J.M.G Le Clézio, qui fait partie du jury Renaudot, a notamment écrit La fièvre, L'extase matérielle, Terra amata, Le livre des fuites, La guerre, Désert, Le chercheur d'or, Onitsha, Etoile errante, Le poisson d'or, Révolutions, Ourania. Son oeuvre, entre errances et failles identitaires, est parue, pour l'essentiel, chez Gallimard. Avec Désert, en 1980, il a reçu le premier prix Paul-Morand remis par l'Académie Française.

Curieux, l'essayiste a évoqué sa passion pour le cinéma (Ballaciner, 2007) ou pour les peuples d'ailleurs (des tribues panaméennes aux nomades marocains).

Son dernier roman, Ritournelle de la faim (Gallimard) est paru le 2 octobre dernier et a été tiré à 60 000 exemplaires. Hier, l'éditeur comptabilisait 47 000 exemplaires sortis.

Un sondage, paru dans la revue française Lire en 1994, le désignait comme « le plus grand écrivain de langue française » devant Julien Green. Il avait dit : « Moi, j'aurais mis Julien Gracq en tête ».

Jusqu'à présent, 13 écrivains français avaient reçu le prix Nobel de littérature : Sully Prudhomme, Frédéric Mistral, Romain Rolland, Anatole France, Henry Bergson, Roger Martin du Gard, André Gide, François Mauriac, Albert Camus, Saint-John Perse, Jean-Paul Sartre, Claude Simon et Gao Xingjian.

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