Le marché en baisse l’an dernier en Belgique | Livres Hebdo

Par Anne-Laure Walter, le 23.06.2017 (mis à jour le 27.06.2017 à 23h12) Bilan

Le marché en baisse l’an dernier en Belgique

Malgré un sursaut en 2015, le marché du livre de langue française en Belgique a poursuivi en 2016 sa décroissance depuis 2010. L’Association des éditeurs belges (Adeb), qui a rendu public, mardi 20 juin, les chiffres du secteur, évalue le marché pour l’an dernier à 240 millions d’euros, soit une baisse de 2,3 % en euros courants par rapport à 2015. En comparaison, de l’autre côté de la frontière, le marché a stagné en 2016 (1).

L’étude, qui ne prend pas en compte les ventes en ligne, révèle que le réseau privilégié par les acheteurs de livres reste la librairie de 1er niveau qui concentre 49,4 % des achats. L’activité de ce circuit a stagné en 2016 à un an d’intervalle (- 0,2 %). La librairie de 2e niveau, qui représente 9,4 % des achats, tire son épingle du jeu et progresse de 6,9 %. Selon les libraires interrogés, le panier moyen augmente de 60 centimes pour se placer à 29 euros.

La part des éditeurs belges de langue française dans un marché du livre dominé par les imports de France a encore baissé de 1,5 % entre 2015 et 2016, ne représentant plus que 26 % des ventes. Du coup, les éditeurs nationaux doivent miser sur l’export. Sur près de 128 millions d’euros de CA réalisés en 2016 par les éditeurs belges, 51 millions d’euros proviennent de la production pour le marché belge, tandis que 77 millions d’euros sont réalisés grâce à l’exportation.

Pour Benoît Dubois, président de l’Adeb, le fait le plus marquant de 2016 reste "le glissement de la production en sciences humaines, juridiques et professionnels du papier vers le numérique". Un virage éditorial qui a des conséquences sur le marché : la part du numérique représente en 2016 un quart du chiffre d’affaires total de l’édition belge, contre 19,3 % en 2015.

Quant au début d’année 2017, il est, selon le président de l’Adeb, "détestable", à l’image du marché français. S’il n’y a pas eu l’effet élections, la production française quelque peu retenue peut avoir eu une incidence sur l’attractivité des rayons des librairies belges où trois livres vendus sur quatre sont importés de France. Anne-Laure Walter

(1) voir LH 1115, du 3.2.2017, pp. 22-25

Le livre de langue française en belgique

source : ADEB statistiques 2016 - évolution de 2015 à 2016, hors ventes en ligne

Quatre canaux sur sept voient leur chiffre d’affaires diminuer. Les plus fortes baisses par rapport à 2015 sont observées dans les hypers (- 8,9 %) et les canaux non spécialisés (- 18,6 %) comme les animaleries ou magasins de jouets. Les librairies s’en sortent mieux : le 1er niveau stagne et le 2e niveau progresse de 6,9 %.

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