Le grand écrivain hongkongais Jin Yong s’est éteint | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 02.11.2018 à 15h49 (mis à jour le 05.11.2018 à 17h26) Disparition

Le grand écrivain hongkongais Jin Yong s’est éteint

Jin Yong - Photo USER:S19991002

L’auteur chinois de romans de cape et d’épée Jin Yong est mort mercredi 30 octobre à Hong Kong à l’âge de 94 ans. Ecrivain chinois le plus lu au monde, il laisse derrière lui une œuvre culte et extrêmement appréciée. 

Le romancier hong-kongais Jin Yong, né Zhā Liángyōng, est décédé à l’âge de 94 ans. Comparé à des auteurs de légende comme Alexandre Dumas ou J. R. R. Tolkien, l’écrivain a durablement marqué l’imaginaire chinois avec ses "wuxia", des romans épiques de cape et d’épée se déroulant dans la Chine ancienne. Le public sinophone est particulièrement friand de ces récits historiques qui mêlent combats dantesques au sabre et drames socio-politiques.
 
Dans un communiqué, la chef de l’exécutif hong-kongais, Carrie Lam, a rendu hommage à un "homme éduqué et un écrivain acclamé" dont l’œuvre a perpétué "la tradition des grands classiques chinois". L’ambassade de France en Chine a quant à elle rappelé sur le réseau social chinois Weibo que la "radiance des écrits de Jin Yong" s’est étendue à l’Hexagone, où l’écrivain a été décoré de la Légion d’honneur en 1992 et fait commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 2004.
 
L'auteur chinois le plus lu au monde 

Traduits dans une dizaine de langues, dont le français, les livres de Jin Yong se sont écoulés à plus de 100 millions d’exemplaires, faisant de lui l’auteur chinois le plus lu au monde. Ses œuvres ont été adaptées en de nombreux jeux vidéo, séries télévisées et en films. La légende du héros chasseur d’aigles (You Feng, 2004), son troisième roman, avait notamment inspiré Wong Kar-wai pour réaliser Les cendres du temps, présenté au Festival de Cannes en 2008 dans une édition remastérisée. Ses romans ont également initié un genre entier de jeux vidéo en Chine, les "wuxia games".
 
En plus de son statut d’icône de la littérature, Jin Yong a également marqué la vie politique chinoise. En 1959, il fonde le journal Ming Pao, dont il devint rédacteur en chef par la suite. Il fut particulièrement critique des travers de la Révolution culturelle maoïste puis des réformes politiques menées dans les années 1980 à Hong Kong. Membre du comité d’élaboration de la constitution du territoire indépendant, il en démissionna en 1989 pour protester contre les événements de Tiananmen.

Jin Yong consacra les années suivantes à son journal, qu'il quitta en 1993 pour prendre sa retraite. Puis, sur le tard, il reprit les études. En 2010, alors âgé de 86 ans, il obtint un doctorat en histoire chinoise au  St John's College de Cambridge grâce à une thèse sur la succession impériale dans la dynastie Tang.

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