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Gavalda, Hessel... comment les petites maisons gèrent leurs gros "cartons"

Sylvie Crossman Jean-Pierre Barou - Photo DR

Gavalda, Hessel... comment les petites maisons gèrent leurs gros "cartons"

Grands succès, grandes responsabilités ? Indigène, Le Dilettante ou les éditions de l'Aube se souviennent de quelques mémorables best-sellers. 

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Par Marine Durand,
Créé le 01.02.2021 à 16h47,
Mis à jour le 01.02.2021 à 17h01

S’il faut avoir les reins solides pour porter à bout de bras une petite maison d’édition, un sang-froid exemplaire s’impose en cas d’immense succès. Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou, heureux éditeurs de Stéphane Hessel, en ont fait l’expérience quand les ventes d’Indignez-vous ! sont montées en flèche.

« Nous n’avions plus une minute à nous, le téléphone sonnait sans cesse, nous gérions seuls les cessions étrangères, la presse… Ce n’était pas forcément évident, mais tout le monde nous a soutenus, imprimeur, diffuseur, libraire. Ils étaient contents que cela arrive à une petite maison qui avait galéré », se souvient Sylvie Crossmann, qui se félicite aussi d’avoir gardé les pieds sur Terre « et la vieille Mazda défoncée ».

Dominique Gaultier, le fondateur du Dilettante, a lui aussi connu un succès surprise en librairie. C’était en 1999, avec Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, le recueil de nouvelles d’une inconnue, Anna Gavalda. « Je n’ai succombé à aucune folie des grandeurs », expliquait il y a quatre ans dans nos colonnes l’éditeur, qui a investi à l’époque dans « des beaux ordinateurs » et engagé un directeur commercial pour renforcer le lien avec les libraires.

« L’effet Nobel »

Peut-être est-ce le discernement qui a manqué à Yves Michalon quand, à l’été 2004, Bonjour paresse de Corinne Maier, un essai acide sur la culture d’entreprise, devient le livre que tout le monde s’arrache. Nouveaux bureaux, nouvelles ambitions, l’éditeur porté par les lauriers voit grand, mais déchante vite. « Nous aurions sans doute dû rester là où nous étions, les petites maisons qui veulent jouer dans la cour des grands subissent les mêmes contraintes que les grandes et peuvent nourrir les mêmes espoirs, mais elles n’ont pas les mêmes moyens. En l’occurrence, le commercial et la communication ne suivaient pas », nous racontait-il en 2017, en revenant sur cet épisode qui a précipité le rachat de sa maison, par Max Milo puis par L’Harmattan.

D’autres histoires sont plus réjouissantes. Parfaitement épaulée par son distributeur Harmonia Mundi quand l’auteur qu’elle venait de publier, le franco-chinois Gao Xingjian, a reçu le Nobel de littérature en 2000, Marion Hennebert, la cofondatrice des éditions de l’Aube, ne garde que des bons souvenirs. « Il n’y a pas eu un seul jour où les stocks manquaient, nous réimprimions par tranche de 50 000 », jusqu’à atteindre 500 000 ventes tous titres confondus de l’auteur. « L’effet Nobel a duré environ un an, comme un règne de Miss France. Cela nous a surtout permis d’élargir notre catalogue, et de gagner une extraordinaire visibilité. »
 

 

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