Pour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
De loin le principal grossiste en livres aux Etats-Unis, Ingram accélère depuis sept ans sa transformation en société de services amorcée en 2000 avec la création de la filiale d'impression à la demande Lightning Source. Le groupe familial investit dans le numérique sous toutes ses formes, mais aussi dans la distribution physique, pour reprendre aux éditeurs une activité logistique que beaucoup ne peuvent plus assurer dans de bonnes conditions de rentabilité. Il se développe également à l'international, et a établi en France en 2009 un partenariat à 50-50 avec Hachette Livre pour l'impression à la demande (1). Les explications du directeur opérationnel, Philip C. Ollila, chez Ingram depuis sept ans après avoir travaillé pour les librairies Borders.
Traditionnellement grossiste, Ingram s'est rebaptisé "Ingram Content Group". Qu'est-ce que cela signifie ?
Liée au resserrement du marché du livre imprimé, l'absence de perspectives de croissance de notre activité de grossiste nous conduit à nous transformer en société de services combinant la distribution traditionnelle, la distribution électronique et l'impression à la demande. Nous voulons répondre aux besoins de tout éditeur qui souhaite proposer ses contenus, sous toutes leurs formes, dans le monde entier. Nous avons commencé il y a onze ans en lançant Lightning Source, aujourd'hui implantée aux Etats-Unis, en Australie, au Royaume-Uni ainsi qu'en France en partenariat avec Hachette. D'autres services ont été lancés il y a sept ans, et nous distribuons des livres numériques depuis trois ans.
Alors que vous offriez auparavant surtout une prestation aux libraires, vous êtes donc désormais plus tournés vers les éditeurs ?
Effectivement, l'évolution du marché nous amène à nous transformer dans ce sens. Notre modèle traditionnel était très simple : acheter des livres aux éditeurs, les regrouper, les fournir aux détaillants. Aujourd'hui, nous proposons aux éditeurs tous les types de distribution possibles. Mais cela relève toujours de notre savoir-faire de distributeur. La distribution reste le point fort d'Ingram.
Quels services numériques proposez-vous ?
Nous laissons les activités de contenus, y compris l'achat et la gestion de droits, aux éditeurs pour nous concentrer sur tous les services qui permettent d'entreposer, d'organiser, de gérer, de protéger et de délivrer des contenus numériques pour tous les supports électroniques. Nous disposons du plus important dispositif de gestion d'actifs numériques dans le monde, que les éditeurs peuvent utiliser pour commercialiser leurs produits sous forme numérique comme en impression à la demande. Une partie de nos services s'adressent aussi aux bibliothèques, dont nous sommes devenus le principal fournisseur au monde.
Quel bilan tirez-vous du démarrage de votre activité en France ?
Les premiers résultats sont positifs, d'autant qu'un des aspects qui nous motivait dans l'accord conclu avec Hachette était la possibilité d'intégrer des livres français dans notre système d'impression à la demande au niveau mondial. Nous disposons aujourd'hui de 300 000 références en français, et pas seulement d'Hachette. Dans cet esprit, nous comptons nouer d'autres partenariats à l'international, où notre avenir repose sur la distribution électronique et sur l'impression à la demande, en plein essor.
Le recul du marché du livre imprimé ne condamne-t-il pas votre activité dans la distribution physique à décroître fortement ?
Au contraire, nous augmentons les surfaces que nous consacrons à la distribution physique. Notre activité de grossiste peut décliner en raison des difficultés des chaînes de librairies. Mais nous espérons des transferts d'activité, car l'évolution du marché oblige les éditeurs à arbitrer entre les investissements dans les contenus et les investissements dans la logistique. A part les plus gros, qui pourront mener les deux de front, ils privilégieront les premiers, ce qui nous place en bonne position. Nous assurons déjà un service complet de distribution pour 75 éditeurs dont O'Reilly, Taschen, Berlitz ou Taunton Press : c'est notre activité qui progresse le plus. A ceux qui le souhaitent, nous proposons aussi un service complet de diffusion avec 25 représentants dans tout le pays. Elle est en forte croissance.
(1) Voir LH 789, du 18.9.2009, p. 56, et LH 792, du 9.10.2009, p. 26.

