Don Winslow s’attaque au mur de Trump | Livres Hebdo

Par Léopoldine Leblanc, avec Los Angeles Times/Vulture, le 20.02.2019 à 17h43 (mis à jour le 22.02.2019 à 17h22) Etats-Unis

Don Winslow s’attaque au mur de Trump

Don Winslow - Photo ROBERT GALLAGHER

Alors que sort aux Etats-Unis l’ultime tome de sa trilogie sur la guerre contre la drogue, The Border, l’auteur mythique de roman noir met au défi le président des Etats-Unis de débattre avec lui sur la construction du mur à la frontière mexicaine.

Don Winslow est imbattable sur la guerre contre la drogue à la frontière mexicaine. A 65 ans, l’auteur mythique de romans noirs a consacré une trilogie de fictions extrêmement documentées sur le trafic de drogues entre le Mexique et les Etats-Unis, dont le dernier tome, The Border, sort le 26 février au Etats-Unis (William Morrow/HarperCollins) et en octobre en France chez HarperCollins. Dans un tweet posté vendredi dernier, l’écrivain met au défi le président des Etats-Unis de débattre avec lui au sujet du mur qu’il cherche à construire à la frontière.
 
 
Parmi les centaines de commentaires à cette annonce, on trouve notamment celui de l’auteur à succès Stephen King, qui se dit ironiquement prêt à payer 10000 dollars pour un tel débat.

"Le plus grand mensonge"
 
En fervent détracteur de Trump, Don Winslow attaque régulièrement le président des Etats-Unis. The Border met d’ailleurs en scène un politicien à l’histoire et au discours similaires à ceux de Donald Trump, désigné sous le nom de John Dennison, en référence aux pseudonymes John Barron et David Dennison utilisés par le président avant son élection.

"Le récit de Trump dissimule le plus grand mensonge – que le Mexique est responsable du problème de la drogue, écrit Don Winslow dans The Vulture fin janvier. La dure vérité c’est que nous le sommes [responsables]: aux Etats-Unis, la consommation de drogues illicites par habitant est cinq fois supérieure à la moyenne mondiale; chaque année, nous envoyons des dizaines de milliards de dollars en espèces au sud de la frontière, des fonds qui ont alimenté la violence et tué plus de 100000 Mexicains. Mais Trump et ses sbires ne parlent jamais de cela."
 
Le roman de plus de 700 pages vient clôturer la trilogie commencée avec The Power of the Dog, (2005), traduit La griffe du chien chez Fayard en 2007 (épuisé, le titre est disponible chez Points depuis 2015). Un roman noir qui met en scène l’agent de la DEA (Drug Enforcement Agency), Art Keller, face aux barons de la drogue des cartels mexicains. L’histoire, complétée en 2015 par Cartel (Seuil, 2016), revisite le trafic de drogues entre le Mexique et les Etats-Unis sur près de trente ans, s’inspirant des archives de la DEA, de la CIA, de l’histoire des cartels et des pouvoirs politiques.
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