Décès de Carmen Balcells, agente de Gabriel García Márquez et Mario Vargas Llosa | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec afp, le 22.09.2015 à 08h58 (mis à jour le 22.09.2015 à 10h29) Espagne

Décès de Carmen Balcells, agente de Gabriel García Márquez et Mario Vargas Llosa

Carmen Balcells

L'agente espagnole qui a propulsé Gabriel Garcia-Marquez mais aussi Mario Vargas Llosa, Julio Cortázar, Isabel Allende ou encore Juan Carlos Onetti sur le devant de la scène littéraire, est morte dimanche 21 septembre à l'âge de 85 ans.

Carmen Balcells, qui fut l'agente des plus grands écrivains de la littérature ibéro-américaine dont Gabriel Garcia Marquez, au point d'être surnommée en Espagne la "Dame des Nobel", s'est éteinte dimanche 20 septembre à l'âge de 85 ans, a-t-on appris auprès d'une porte-parole de son agence. 
 
Carmen Balcells a été l'une des responsables du "boom" des auteurs latino-américains à la fin du XXème siècle. Elle a propulsé sur le devant de la scène littéraire l'écrivain colombien Gabriel Garcia-Marquez, mais aussi le Péruvien Mario Vargas Llosa, l'Argentin Julio Cortázar, la Chilienne Isabel Allende ou l'Uruguayen Juan Carlos Onetti. Elle avait également représenté de grands écrivains espagnols tels Juan Goytisolo, Miguel Delibes, Manuel Vázquez Montalbán et Juan Marsé.
 
Dans son carnet d'adresses d'écrivains figuraient plusieurs prix Cervantès – la plus haute distinction littéraire en Espagne – et Nobel de littérature : Gabriel García Márquez, Mario Vargas Llosa, et l'Espagnol Camilo José Cela. "En Espagne, son développement est lié aux dictatures latino-américaines : les auteurs de ces pays ont eu recours, pour être publiés, aux agents espagnols",  rappelait en 2007 la directrice des droits de Gallimard, Anne-Solange Noble, au Monde.
 
"Du jour au lendemain je me suis rendue compte que j'étais entourée de génies", avait-elle aussi déclaré, au sujet des écrivains qu'elle aimait à représenter, dont beaucoup se sont installés à Barcelone.
 
Carmen Balcells avait découvert Gabriel Garcia Marquez en lisant un texte de l'auteur colombien, Les funérailles de la Grande Mémé, ce qui lui a valu le surnom de "Mama grande". "Je ne peux pas imaginer ma vie sans Garcia Marquez", avait dit en 2012 cette femme douce au visage rond.
 
Le numérique au cœur de sa stratégie ses dernières années
 
Née le 9 août 1930, dans un petit village de la campagne au cœur de la Catalogne, Santa Fe de Segarra, et sans études universitaires, elle avait découvert l'univers des lettres en travaillant au sein de l'agence de l'écrivain roumain Vintila Horia, jusqu'en 1960, année de création de sa propre agence. "L'agente 007", son autre surnom gagné pour sa capacité à défendre les auteurs qu’elle représentait, joue aussi un rôle très important dans la vie culturelle catalane et espagnole à l’époque où le pays devient une démocratie.
 
En 2004, elle créé l’entreprise Barcelona Latinitatis Patria afin de numériser tous les fichiers, bibliothèques personnelles et manuscrits de grands écrivains et éditeurs hispanophones, avec un système d’impression à la carte. Cinq années plus tard, elle lançait le projet "Palabras mayores" pour mettre à disposition le téléchargement des livres de ses auteurs sur le site leer-e.
 
En mai 2014, son agence a entamé un processus de fusion avec celle de l'Américain Andrew Wylie, considéré comme le premier agent littéraire du monde anglo-saxon pour fonder Balcells & Wylie. Les négociations n'ont pas encore abouti.
 
Sans jamais quitter l'ombre, Carmen Balcells, qui s'exprimait très peu dans les médias, a imposé son agence comme l'un des acteurs-clefs en matière de littérature hispanique et sud-américaine.
 
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