Recapitalisation

L’assemblée générale des Presses universitaires de France (Puf), organisée le 10 avril dernier, a permis d’en savoir un peu plus sur les conditions de reprise de la maison par le réassureur Scor, représenté au nouveau conseil d’administration par Jean-Claude Seys (président), Philippe Trainar et François de Varenne. Frédéric Mériot, directeur général, entré en fonction début mai, n’a pas souhaité s’exprimer avant d’avoir pris pleinement connaissance de la maison.

Le spécialiste de l’édition de sciences humaines a connu une année 2013 difficile qui a mis son avenir en question, faute de trésorerie : le chiffre d’affaires (CA) a reculé de 8,7 %, à 11,2 millions d’euros, la progression des ventes numériques (+ 15 %, à 5 % du CA) n’ayant pas compensé le recul du papier. L’activité diffusion a également chuté (- 12,9 %), à 2 millions d’euros. La maison a dû licencier 8 personnes (sur un effectif de 58), ce qui a creusé son déficit de 500 000 euros. La perte nette a frôlé le million d’euros.

La proposition de soutien de Scor, souhaitée par son P-DG, Denis Kessler, également économiste et universitaire, était donc bienvenue. A partir des résultats antérieurs des Puf et des moyens nécessaires à leur relance, le réassureur a valorisé l’entreprise à un niveau assez bas : 900 000 euros. Il a estimé son besoin de financement à 1,3 million d’euros, à injecter sous forme d’augmentation de capital, qu’il a souscrite à hauteur de 1,15 million d’euros, soit 52,3 % du nouveau tour de table. Flammarion et le fonds Thôt, émanation de mutuelles qui avaient souscrit une précédente augmentation de capital, ont accompagné cette opération, respectivement pour 50 000 et 100 000 euros. Jusqu’alors majoritaire, Libris, société rassemblant plusieurs dizaines d’auteurs ou de directeurs de collection des Puf, n’a pas suivi et sa participation s’est trouvée diluée, à 23 %.

Outre le développement de l’offre numérique déjà annoncé, qui suppose la numérisation rapide de 1 900 titres supplémentaires s’ajoutant aux 500 disponibles, Scor recommande dans son plan le "pragmatisme éditorial" : étude de la rentabilité de chaque projet, recours à des financements tiers, publication en numérique seul pour les livres de faible diffusion. Le réassureur souhaite aussi "attirer des auteurs s’adressant à un plus large public", avec les efforts nécessaires sur les à-valoir, et envisage la vente directe sur Internet. Il évoque des traductions et des publications en anglais, pour internationaliser sa diffusion numérique. Le tout en serrant les coûts. Hervé Hugueny






23.05 2014

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