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Les éditions Kiwi interpellées par leurs auteurs

Les éditions Kiwi interpellées par leurs auteurs

Confrontées à des problèmes de trésorerie, les éditions Kiwi ont du retard dans le paiement des droits à leurs auteurs. Déjà, au sortir de l’été dernier, les employées s’étaient mises en grève pendant une semaine pour protester contre le retard de paiement de leurs salaires. Le dirigeant Édouard Frison-Roche se montre néanmoins rassurant sur l’avenir de la maison.

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Par Charles Knappek
Créé le 09.12.2022 à 18h27 ,
Mis à jour le 12.12.2022 à 16h51

« Payez vos autrices ! » ; « L’auteure est-elle payée pour ce livre ? » Les interpellations de ce genre reviennent en boucle sur les dernières publications Instagram des éditions Kiwi. Elles mettent en lumière les difficultés récentes de cette maison indépendante basée à Paris, fondée en 2018 et dirigée par Édouard Frison-Roche. « J’étais mécontent de la façon dont Kiwi accompagnait la sortie de mon livre, confie à Livres Hebdo un auteur dont le premier roman est paru récemment. En discutant avec d’autres autrices et illustratrices, je me suis aperçu que plusieurs d’entre elles étaient dans le même cas et surtout qu’elles étaient nombreuses à ne pas avoir touché leurs droits. Nous avons monté un groupe de discussion pour échanger sur nos problèmes et tenter de trouver des solutions. Aujourd’hui encore, certains auteurs n’ont pas été payés, et ceux qui l’ont été ont parfois dû recourir à des lettres d’avocats. »

Interrogé par Livres Hebdo, Édouard Frison-Roche concède traverser une période « très difficile ». « Le point central cette année a été l’explosion des taux de retour, précise-t-il. De 26,1 % en 2021, nous sommes passés à un taux de retour de 41,5 % cette année, ce qui a effectivement entraîné des problèmes de trésorerie et des retards de paiement. »

200 titres par an

En 2021, Kiwi avait un volume expédié d’1,3 million d’euros, pondéré par 330 000 euros de retours, soit un peu plus de 900 000 euros de chiffre d’affaires sur l’année. « En 2022, à ce jour, nous conservons le même volume expédié, mais amputé cette fois de plus de 500 000 euros de retours », détaille le dirigeant. Les ouvrages les plus concernés par les retours sont ceux portant sur les sujets de société et plus généralement les livres engagés. Les libraires en ligne (Amazon, Fnac.com) affichent quant à eux des taux de retour moyens de près de 60 %.

Malgré ces difficultés, Kiwi, qui publie entre 150 et 200 titres par an sous les marques Kiwi, Petit Kiwi et son label de littérature blanche Frison-Roche Belles-lettres, lancé en février 2021, prévoit néanmoins de maintenir son programme de parutions en 2023, son dirigeant comptant sur un retour progressif à la normal. « Aujourd’hui, nous avons payé 90 % des droits d’auteur, affirme-t-il. Et nous serons en mesure de payer les 10 % à partir du 15 décembre»

Kiwi, qui compte aujourd'hui neuf collaborateurs, a connu une vague de départs en novembre, cinq éditrices et responsables communication ayant opté pour une rupture conventionnelle. Au sortir de l’été dernier, les salariées s’étaient mises en grève pendant une semaine pour protester contre le retard de paiement de leurs salaires. Elles avaient ensuite repris normalement le travail.

 

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