Religion

Le Syndicat des librairies de littérature religieuse, le Syndicat national de l’édition (SNE), les librairies La Procure et Siloë cherchent à promouvoir davantage le livre religieux. Ce secteur ne représente plus que 1,2 % du chiffre d’affaires de l’édition, contre 1,8 % il y a dix ans, et la production a baissé de 8 % en 2012 (1). Pour cette raison, ils ont organisé mercredi 24 avril une conférence de presse intitulée « Le livre religieux, incontournable pour comprendre l’actualité » à la Conférence des évêques de France (Paris 7e). Ils ont ainsi annoncé la création prochaine d’une « instance livre » susceptible de redonner de la place à l’édition religieuse dans toute sa diversité, des textes officiels ou classiques à la littérature pour enfants, en passant par les témoignages et récits de vie.

« On assiste à une déconnexion entre les évêques et le monde de la culture », constate Yves Briend, président du groupe religion du SNE et P-DG des éditions Salvator. L’éditeur se bat depuis quinze ans pour que les évêques prennent conscience de «l’importance du livre sur la fabrication de l’opinion à long terme ». « Il faut sauver la culture religieuse et l’entretenir », affirme-t-il. Un appel finalement entendu par Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France. Selon lui, l’instance doit « sensibiliser le public spécialisé mais aussi le grand public », et ainsi favoriser «une prise de conscience dans l’opinion, au-delà de la sphère de l’Eglise ».

L’objectif recherché est à la fois de promouvoir le livre religieux, mais aussi de « cultiver une pépinière d’auteurs ». Ceux-ci seront ainsi encouragés à aller à la rencontre des étudiants et des nouvelles générations. De leur côté, éditeurs et libraires sont invités à avoir plus de contacts avec les séminaristes. Parmi les autres pistes avancées pour réconcilier culture religieuse et culture globale : inciter les évêques, qui ont une carence en la matière, à lire. Mais aussi faire lire les laïcs en créant par exemple des groupes de discussion autour des livres religieux ou profanes. « Contribuer à la culture générale et au débat public, sans faire de prosélytisme », résume le porte-parole des évêques de France.

Manon Quinti

(1) Voir aussi notre dossier Religion dans LH 948 du 5.4.2013, p. 59.

11.10 2013

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