27 septembre > Essai-Art France > Philippe Forest et Zoé Valdés

Paris accueille cet automne deux expositions : l’une de Rubens, l’autre de Gauguin. A cette occasion, la RMN inaugure une collection de textes d’écrivains sur les artistes exposés dans ses lieux, "Cartels". Pour l’exposition consacrée au peintre baroque flamand au musée du Luxembourg (du 4 octobre 2017 au 14 janvier 2018), Philippe Forest signe Rien que Rubens. Bien plus qu’une analyse du génie anversois qui sut allier la richesse chromatique vénitienne et la vigueur terrienne des peintres du Nord, l’auteur de L’éternel enfant propose un (auto)portrait du créateur et une réflexion sur un autre âge où l’artiste ne portait pas forcément la subversion en bandoulière. Pour "Gauguin l’alchimiste" au Grand Palais (du 11 octobre 2017 au 22 janvier 2018), la plume est prêtée à Zoé Valdés qui intitule son texte Et la terre de leur corps. A travers les yeux de l’écrivaine cubaine se dévoile une vision très sensualiste du chef de file de l’école de Pont-Aven, le sexe que subliment ses tableaux.

Gauguin, Rubens, peintres aux antipodes - et ce n’est pas une question d’époque : érotisme magnifié par un hiératisme aux à-plats de couleurs chaudes pour le premier, vertige du mouvement et des corps pour le second. Ce sont deux conceptions de l’artiste assez opposées. Le Flamand fait fortune et accumule les honneurs (à un moment il devient diplomate du roi d’Espagne). Quant au post-impressionniste et ami de Van Gogh, il quitte sa carrière de banquier pour peindre de jeunes beautés tahitiennes dans les îles. Deux artistes célébrés par deux écrivains aux styles divers, et chacun hanté par les mêmes questions : chez l’un, le vide au fond de toutes choses ; chez l’autre, l’enivrant souffle de la liberté qu’il faut animer coûte que coûte par le désir ou l’art. S. J. R.

Les dernières
actualités