Polémique

Payot Libraire et le CNL s'opposent sur la rémunération des auteurs dans les salons

Pascal Vandenberghe et Vincent Monadé - Photo Olivier Dion

Payot Libraire et le CNL s'opposent sur la rémunération des auteurs dans les salons

Accusé de néocolonialisme par Pascal Vandenberghe, le P-DG de Payot Libraire, en Suisse, le président du CNL, Vincent Monadé, répond qu'il soutient la littérature française à l'étranger.

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Par Hervé Hugueny
Créé le 14.06.2016 à 21h19 ,
Mis à jour le 17.06.2016 à 12h28

"Le Centre national du livre (CNL) a pour obligation de promouvoir la littérature française à l'étranger, et ce malgré l'opinion personnelle sur ce point du P-DG de Payot Libraire", déclare Vincent Monadé dans une tribune publiée par le quotidien suisse Le Temps daté du 13 juin. Le président du CNL répond à une précédente tribune de Pascal Vandenberghe, le P-DG (français) de la première chaîne de librairie de Suisse romande, qui l'accusait de "néocolonialisme" avec sa proposition de soutenir financièrement le Salon du livre de Genève si ses organisateurs décident de rémunérer les auteurs pour leurs interventions, comme le principe en est maintenant systématisé en France.
 
"Je rappelle que le "n" de CNL est l’initiale de national, donc français ! Ce "geste", apparemment arrivé à l’oreille de certains auteurs romands, ne s’apparente-t-il pas à une forme de néocolonialisme?" questionnait Pascal Vandenberghe dans son texte intitulé "l'initiative "Vache à livre" et le principe de réalité". Une "maladresse" et une "méconnaissance du rôle et des missions du CNL" pour Vincent Monadé qui explique : "les festivals francophones de Belgique et de Suisse invitent beaucoup d'auteurs français ou édités par des maisons d'édition françaises (...) il m'apparaît donc naturel de proposer à ces festivals d'accompagner financièrement une rémunération des auteurs français qu'ils invitent, libre à eux, évidemment d'accepter ou de refuser".
 
Le P-DG de Payot répondait lui-même à Sébastien Meier, écrivain suisse de romans policiers édités chez Zoé, et auteur d'une "Adresse à la "micromafia" de la chaîne du livre romande" publiée aussi dans Le Temps quelques jours auparavant. En soulignant que l'auteur est le seul intervenant de cette chaîne à ne pas disposer d'un salaire "certes maigre le plus souvent" à la fin du mois, il plaidait vigoureusement pour cette rémunération des auteurs sur les salons, en soulignant la précarité de la situation des écrivains de Suisse romande, où 700 exemplaires vendus sont considérés comme un succès, alors qu'ils rapportent au mieux 1750 francs suisses (1620 euros).
 
Ledit auteur de polar répliquait à une tribune antérieure d'Isabelle Falconnier, présidente du salon du livre de Genève, qui se montrait peu favorable à cette rétribution en s'interrogeant: "pour qui travaille un auteur en promotion ?"...

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