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Les Français et l’histoire : une question de générations

L'étude Toluna pour Histoire TV a été présentée le 6 octobre 2023 à Blois en présence des youtubeurs Benjamin Brillaud et Jennifer Kerner - Photo Histoire TV

Les Français et l’histoire : une question de générations

Une étude Toluna commandée par Histoire TV et dévoilée pendant les Rendez-vous de l’histoire de Blois s’est penchée sur les rapports qu’entretiennent les Français avec l’histoire. Comme moyen d’accès aux contenus historiques, le livre apparaît en perte de vitesse chez les plus jeunes, avides de supports alternatifs, mais aussi de thématiques historiques différentes.

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Par Charles Knappek
Créé le 10.10.2023 à 12h28

Les Français aiment l’histoire, mais leurs rapports à la discipline varient fortement selon les âges, révèle une étude Toluna réalisée pour Histoire TV (groupe TF1) et dont les résultats ont été présentés lors d’une conférence aux Rendez-vous de l’histoire de Blois.

L’étude a été réalisée du 16 au 20 juin 2023 auprès d’un panel représentatif de la population française de 1 832 répondants âgés de 18 ans et plus. Elle bat d’abord en brèche l’idée reçue selon laquelle les jeunes ne s’intéresseraient pas à l’histoire (85 % des sondés le pensent). En réalité, 79 % des Français déclarent s’intéresser à l’histoire, cette part étant stable dans toutes les tranches d’âge.

Sans surprise, l’époque contemporaine et en particulier la Seconde Guerre mondiale sont les « moments historiques » qui intéressent le plus. 36 % des répondants placent ainsi l’époque contemporaine en tête de leurs moments historiques préférés devant le Moyen-Âge (21 %) et les temps modernes (18 %).

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L’envie d’histoire est bien présente chez les plus jeunes : 80 % des 18/30 ans aimeraient en savoir davantage sur l’histoire en général (vs 75 % pour les 30 ans et plus). Mais près d’un jeune sur deux (48 %) relève l’inadéquation des supports proposés pour accéder aux contenus historiques. Si la télévision, les visites (musées, sites historiques) et Internet sont les trois supports privilégiés pour accéder à l’histoire, toutes générations confondues (le livre est 4e), les 18/30 ans se distinguent par un usage bien plus élevé des réseaux sociaux (31 % vs 14 % pour l’ensemble du panel). De manière marginale, les podcasts (13 % vs 8 %) et les jeux vidéo (17 % vs 6 %) sont également surreprésentés chez les 18/30 ans dans leur manière d’accéder aux contenus historiques. Le livre est également moins utilisé par les jeunes (21 % vs 26 %).

Nouvelles thématiques

Ces usages se retrouvent dans la perception des réseaux sociaux et des formats vidéo comme moyen d’accéder à la l’histoire. 74 % des 18/30 ans estiment que les réseaux sociaux et YouTube sont « de bons moyens pour intéresser les jeunes à l’histoire », contre seulement 45 % chez les plus de 50 ans. Les formats vidéo de type YouTube et les podcasts sont également considérés par 75 % des jeunes comme adaptés à l’enseignement de l’histoire (47 % pour les plus de 50 ans).

L’étude relève aussi l’émergence de thématiques différentes chez les jeunes qui expriment un intérêt supérieur à la moyenne du panel pour l’histoire politique internationale, l’histoire des luttes sociales, l’histoire des luttes contre les discriminations, l’histoire de l’environnement et de sa protection ou encore l’histoire des religions et l’histoire de la musique.

Interrogé sur les thématiques qui feront l’histoire de demain, le panel cite l’environnement, les conflits et l’émergence de l’IA. Les 18/30 ans retiennent en plus les mouvements sociétaux contre les inégalités, la décroissance économique ou encore la lutte contre le capitalisme. Les jeunes sont aussi 72 % à estimer que la place des anonymes dans les récits historiques est trop faible.

Très concernés par les enjeux actuels, les sondés sont 42 % à estimer que « les valeurs d’aujourd’hui priment sur les valeurs passées et que déboulonner la statue d’un personnage controversé permet de les affirmer », (56 % des 18/30 ans contre seulement 33 % des 50 ans et plus).  

En définitive, l’étude retient que pour intéresser les jeunes à l’histoire, il faut diversifier les supports, adapter les narrations, explorer des thèmes différents, s’appuyer sur le récent, explorer les mouvements sociaux et sociétaux et enfin incarner et s’inspirer à travers des héros, même anonymes.

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