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Gauthier Auzou : « Notre objectif ? Une croissance à deux chiffres en 2023 »

Gauthier Auzou, président des éditions Auzou - Photo Olivier Dion

Gauthier Auzou : « Notre objectif ? Une croissance à deux chiffres en 2023 »

Le groupe familial Auzou fête ses cinquante ans d’existence en 2023. Après s'être lancé dans le secteur jeunesse en 2006 et la BD en 2021, l'éditeur de Loup, vendu à 8,8 millions d’exemplaires depuis 2009, continue de revendiquer son mot d’ordre : « faire valoir la création française ».

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Par Éric Dupuy
Créé le 15.02.2023 à 19h04

Qui aurait pensé en 1973 que les éditions Auzou fêterait leur 50ème anniversaire d’existence auprès des grands éditeurs jeunesse français ? Certainement pas Philippe Auzou, qui a fondé la maison à Rennes pour vendre des encyclopédies dont il est passionné. Son fils Gauthier Auzou, qui l’a rejoint en 2006 avant de prendre sa succession comme président directeur général du groupe, a réalisé un virage à 180° qui a permis au groupe de générer en 2022 64 millions d’euros de chiffre d’affaires, en augmentation de 3,5% par rapport à 2021, et l'autorise maintenant à espérer maintenir une croissance à deux chiffres dès 2023.

Livres Hebdo : Le groupe Auzou fête ses 50 ans mais ne ressemble en rien à la maison d’édition fondée à Rennes par vos parents. Que reste-t-il des éditions Auzou de 1973 ?

Gauthier Auzou : Il reste au moins le principe de l’indépendance, et des valeurs comme la créativité, la passion, l’accessibilité et la responsabilité. Quand je suis arrivé dans le groupe, en 2006, j’étais entre deux jobs et je ne connaissais rien à l’édition, étant ingénieur telecom. J’ai souhaité faire autre chose que l’édition de documentaires sur les animaux qui était développée à ce moment-là. Après avoir rencontré plusieurs libraires en accompagnant les représentants sur le terrain, je me suis demandé ce qui avait le plus de sens. J’ai senti alors qu’il y avait de la place pour un rayon jeunesse de création française. Dix-sept ans plus tard, nous sommes le 4ème éditeur jeunesse et nous développons des filiales de ventes en Suisse, au Canada, et en Belgique. La vente reste également au cœur de notre ADN, c’était déjà le cas en 1973.

Jeux de cartes Auzou
Fabriqués en Chine (en haut), les jeux de cartes Auzou sont désormais confectionnés en France- Photo DR

Vous accordez énormément d’importance à la création française. Qu’en est-il de la fabrication ?

Aujourd’hui nous fabriquons 50% de nos différents produits en Union Européenne et nous investissons pour augmenter cette part à 65% à l’horizon 2025, le reste étant toujours fabriqué en Chine. Par exemple, nous avons racheté en 2021 l’entreprise « Les Jouets libres », fabricant de jouets en bois. Nous venons aussi d’engager Isabelle de Lataulade, qui vient du monde du luxe, pour piloter le développement de l’ensemble de nos packagings en France.

Après Le Loup, Azuro sur TF1 à la rentrée prochaine

L’une de vos valeurs est « l’accessibilité ».  Comment rester aujourd’hui abordable sans mettre en péril ses résultats ?

Il faut faire du volume et du développement. La collection de Loup est vendue à 5,90€ depuis ses débuts en 2009. Nous tenons à ce tarif, mais je ne sais pas jusqu’à quand nous pourrons le maintenir. Quand on voit que notre coût pour certains papiers s’est envolé de 50% l’an dernier… Cela nous impacte très durement car nous avons des prix très ajustés et nous ne pouvons pas répercuter toutes nos hausses. Alors nous devons nous développer ailleurs. Actuellement, nous réalisons 60% de notre chiffre d’affaires en France, 25% dans les pays francophones et 15% avec les cessions de droits en langues étrangères. Au-delà de la création, l’international est l’autre levier de développement et nous sommes optimistes car malgré la crise, nous avons clôturé le mois de janvier 2023 à +18% de chiffre d’affaires. L’objectif est de conserver une croissance à deux chiffres pour toute l’année 2023 et les suivantes.

Cela passe-t-il par la diversification ?

Cela passe par la création, la création et la création. Notre métier, c'est la jeunesse. Il faut faire valoir la création française. De ce que je vois du manga aujourd'hui par exemple, c'est un autre métier. Si on s'y lance, ce sera avec de la création française. Nous avons édité en 2021 Mon Roman de l'Avent, une histoire en 24 chapitres qui est un succès. Nous continuons d'écouter nos représentants. Beaucoup de nos livres sont créés sur la base de nos retours de terrain.

50 ans est-ce l’âge de la maturité ? Comment voyez-vous Auzou dans 10 ans ?

Il faut continuer à mettre chaque jour notre pierre à l’édifice. A 60 ans, j’espère qu’Auzou ce sera plus de BD, plus de parascolaire, plus de jeux, plus d’international ! Je souhaite réellement travailler sur la convergence du livre et du jouet pour amener le goût de lire aux enfants et continuer de développer l’éducation en multi-support, surtout le livre audio. Cela commence dès maintenant avec l’arrivée d’Azuro sur TF1 à la rentrée prochaine. Un programme développé par la société Chouette Production. Nous ne sommes qu’au début de notre aventure ! Les maisons comme Nathan ou Gallimard, elles, ont cent ans d’expérience en jeunesse.   

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