Cinq leçons

Face à Hachette, Amazon défend les e-books à bas prix

Le prix des livres numériques est au coeur du conflit entre Amazon et Hachette. - Photo Livres Hebdo

Face à Hachette, Amazon défend les e-books à bas prix

Sur l’un de ses forums, Amazon justifie son conflit avec Hachette en se posant en défenseur des livres numériques à petits prix. Dans un plaidoyer aux airs de leçon magistrale, il explique pourquoi, selon lui, tout le monde gagnerait à baisser le coût des e-books.

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Par Souen Léger
Créé le 30.07.2014 à 17h23

Dans son bras de fer avec Hachette sur le prix des livres numériques, Amazon a abattu une nouvelle carte, mardi 29 juillet, en donnant un "cours" de e-commerce sur le forum dédié au programme Kindle. La firme de Seattle souhaite démontrer par A+B que la baisse du prix des e-books est non seulement possible mais aussi nécessaire. Mieux encore, tout le monde, y compris les éditeurs et les auteurs, y gagnerait. Voici les cinq leçons du géant de la vente en ligne.
 
1- "Les livres électroniques peuvent et doivent être moins chers"
 
Dès la première ligne, Amazon assume que l’un de ses objectifs clés est de réduire les prix des livres numériques. "Les livres électroniques peuvent et doivent être moins chers", affirme-t-il, arguant du fait que ces produits n’engendrent pas de coûts d’impression, de stockage, de transport, de livraison, ou encore de retours, contrairement aux ouvrages imprimés.
 
2- "La baisse des prix augmente les recettes de 16%"
 
Pour le cybermarchand, "il est important de comprendre que les livres électroniques sont très élastiques au niveau du prix. Cela signifie que lorsque le prix augmente, les clients achètent beaucoup moins".
 
A partir de mesures répétées effectuées sur plusieurs titres, Amazon dit pouvoir quantifier l’élasticité du prix des e-books et donne un exemple concret. Selon ses calculs, un titre à 14,99 dollars pourrait se vendre à 100 000 exemplaires pour un total de 1 499 000 dollars. Mais le même e-book affiché à 9,99 dollars pourrait se vendre à 174 000 exemplaires, générant 1 738 000 dollars. Conclusion ? "La baisse des prix augmente les recettes de 16%".
 
3- "Cela profite à toutes les parties"
 
A moindre coût donc, les livres électroniques se vendent davantage et le gâteau à partager est plus grand.  "Cela profite à toutes les parties", assure Amazon qui fait une proposition pour la répartition des recettes : 35% iraient à l’auteur, 35% à l’éditeur et 30% au cybermarchand.
 
4- "Hachette partage trop peu avec les auteurs"
 
Le groupe de Jeff Bezos se permet même une appréciation sur l’actuelle rémunération des auteurs par Hachette Book Group. "Nous pensons qu’actuellement Hachette partage trop peu avec les auteurs mais en fin de compte, ce n'est pas de notre ressort", estime-t-il. De son côté, il propose de remettre 70% des recettes à l’éditeur qui décidera de la part destinée aux écrivains.
 
5- "Les livres sont en concurrence avec les jeux sur mobile, la télévision, les films, Facebook"
 
Enfin, le géant de la vente en ligne se pose en pacificateur, appelant à cesser d’opposer livre imprimé et numérique. "Il faut garder à l’esprit que les livres ne sont pas seulement en concurrence entre eux. Ils sont en concurrence avec les jeux sur mobile, la télévision, les films, Facebook, les blogs, les sites d’information gratuits et bien plus encore", note-t-il.
 
Et pour être compétitifs face aux autres biens culturels, baisser le prix des ebooks est indispensable. Tel est le combat que dit mener Amazon, justifiant ainsi son inflexibilité dans le conflit qui l’oppose à Hachette Book Group aux États-Unis. Il espère peut-être, avec cet exercice de pédagogie, regagner quelques points dans une bataille qui déchaîne les passions.
 
Depuis plusieurs semaines, Amazon maintient moins de stocks en provenance d'Hachette, augmente les délais de livraison et ne prend plus de pré-commandes pour les titres de l’éditeur.

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