Vivendi / Lagardère

Cession d’Editis : épilogue en juin ?

Arnaud de puyfontaine président du directoire de Vivendi sur le stand Éditis à la foire de Francfort en 2019 - Photo Olivier Dion

Cession d’Editis : épilogue en juin ?

L’annonce par Vivendi de négociations exclusives avec IMI de Daniel Kretinsky pour lui céder 100% d’Editis laisse envisager la fin du feuilleton de la cession courant juin. La Commission européenne reste néanmoins maîtresse du calendrier.

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Par Éric Dupuy
Créé le 14.03.2023 à 19h04

Avec l’annonce de l’entrée en négociations exclusives entre Vivendi et International Media Invest (IMI) de Daniel Kretinsky, le dossier pourrait être bouclé en juin, selon nos informations.
Si les deux entités ne font aucun commentaire sur l’échéance de la potentielle cession à 100% du numéro 2 de l’édition française, l’entourage de Vincent Bolloré, propriétaire de Vivendi, qui détient Editis, a répété que « le calendrier est à la main de la Commission européenne ».

« Décision au mois de juin »    

Cette dernière, qui enquête officiellement depuis octobre sur le rachat de Lagardère par Vivendi, dont la cession d’Editis est un dossier clé, devait donner son avis avant le 23 mai. Mais le communiqué des résultats financiers, publiés le 8 mars par Vivendi, a déjà laissé entendre que la décision des régulateurs européens pourrait intervenir plus tard que prévue. « La Commission européenne a annoncé ouvrir une enquête approfondie le 30 novembre 2022 et devrait rendre sa décision d’ici au mois de juin » est-il stipulé. Cette information de prolongement d’échéance est passée inaperçue alors que la Commission avait déjà exprimé ses griefs sur l’opération de cotation-distribution souhaité préalablement par Vivendi.

« Volonté d’aller vite »

A l’heure actuelle, les discussions confidentielles autour de la reprise d’Editis par IMI se poursuivent et pourraient durer plusieurs jours ou semaines. « Il y a une volonté de part et d’autre d’aller vite », assure une source proche du dossier. Dès l’accord trouvé, il sera soumis à la Commission européenne puis aux Instances représentatives du personnel de Vivendi et d’Editis, pour avis. Ensuite, la Commission européenne devrait légalement ouvrir une enquête sur Daniel Kretinsky et son empire CMI (Czech Media Invest, auquel appartient IMI), pour s’assurer que l'opération ne présente aucune entrave à la concurrence Selon plusieurs média, Daniel Kretinsky, positionné à la reprise d’Editis bien avant l’ouverture officielle de l’enquête bruxelloise, ne devrait pas rencontrer d’opposition des instances européennes. L’opération devrait donc être validée en quelques semaines et amènerait à une conclusion du dossier « dans le courant du mois de juin », selon cette source.

« Mêmes principes dans l'édition que dans la presse »

Le changement de modus operandi de Vivendi sur la cession d’Editis devrait également entrainer un nouveau commentaire des acteurs du marché du Livre en France et des principaux concurrents d’Editis et d’Hachette, qui devraient se prononcer auprès de la Commission dans les prochains jours. Contactée par Livres Hebdo, Maître Isabelle Wekstein-Steg, qui représente dans ce dossier les intérêts de plusieurs de ces acteurs, dont le groupe Actes Sud et le Syndicat de la Librairie Française (SLF), s’est dite soulagée « d’avoir été suivie par la Commission sur le risque que représentait la vente d’Editis par actions ». Dans un communiqué, Daniel Kretinsky s’est dit « heureux et fier » d’acquérir Editis « si le processus arrive à son terme ». « Déjà présents dans la presse, nous le serions alors aussi dans l’édition avec les mêmes principes : une vision de long terme, une logique de développement, une exigence de qualité (…) dans le respect de l’exception culturelle française », a-t-il ajouté.

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