Franco de port : le SLF dénonce le dumping d'Amazon | Livres Hebdo

Par Clarisse Normand, le 26.09.2013 à 17h45 (mis à jour le 28.10.2013 à 17h48) Librairie

Franco de port : le SLF dénonce le dumping d'Amazon

Faisant valoir que le franco de port a généré 3 milliards de dollars de pertes pour le libraire en ligne, le Syndicat de la librairie française appelle le Parlement à adopter une mesure encadant sa facturation sur internet.

Dans un communiqué, jeudi 26 septembre, le Syndicat de la librairie française (SLF) souligne qu'en 2012, les frais de port non refacturés aux clients « ont représenté pour Amazon, au niveau international et pour l’ensemble des produits... plus de 2,8 milliards de dollars. Les projections pour 2013 laissent supposer que cette perte dépassera les 3 milliards de dollars. Quand l’on sait que le résultat global dégagé par Amazon était négatif en 2012 (- 39 millions de dollars), on mesure combien la gratuité des frais de port correspond à une stratégie de "dumping" », insiste-t-il.

Rappelant qu'Amazon est aujourd'hui seul  en France à cumuler « la gratuité des frais de port, sans minimum d’achat, pour l’achat des livres sur son site, et un rabais systématique de 5% », le SLF accuse le géant américain de financer « grâce à l’évasion fiscale qu’il pratique à grande échelle, une politique de "dumping" visant à étrangler ses concurrents, à contourner le prix unique du livre et à bâtir un monopole qui lui permettra dans quelques années d’imposer ses conditions aux éditeurs et de relever ses prix. »

Poussant son argumentation, le SLF observe qu'« au niveau international et à l’exception du Royaume-Uni, Amazon n’offre les frais de port sans minimum d’achat que dans les pays dans lesquels s’applique un prix unique du livre (France, Allemagne, Autriche, Espagne, Pays-Bas, Japon…). Dans des pays sans prix unique du livre (Etats-Unis, Canada, Suède, Finlande, Australie…), les frais de port pour les commandes de livres sont payants jusqu’à un certain montant d’achat (25$ aux Etats-Unis). » La preuve, selon le syndicat, que « la gratuité des frais de port, telle que pratiquée par Amazon en France, vise bien à contourner le prix unique du livre en offrant un rabais supérieur aux 5% autorisés par la loi. »

Fort de ces « pratiques prédatrices », Amazon « freine le développement de la vente en ligne des librairies et des chaines » dans la mesure où elles n'ont pas les moyens de rivaliser. « Les frais de port représentent entre 15 % et 18 % du chiffre d’affaires réalisé sur Internet par les libraires indépendants alors même que ceux-ci n’offrent la gratuité des frais de port qu’à partir d’un montant minimal d’achat (de 25 à 35 € en règle générale). En cumulant ces coûts avec le rabais de 5%, c’est donc près d’un quart de la marge du libraire qui est amputée, ce qui est insupportable lorsque l’on sait que le résultat net moyen des librairies est aujourd’hui inférieur à 1%.»

Face à cette « concurrence déloyale », « les libraires soutiennent les positions exprimées par la ministre de la Culture et de la Communication et de nombreux députés de la majorité comme de l’opposition afin de rééquilibrer la concurrence entre la vente en ligne et la vente physique de livres. » Le SLF invite le Parlement à adopter « rapidement... une mesure encadrant la facturation des frais de port sur Internet ».
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