Disparition

L'écrivain et conseiller littéraire Roger Grenier est mort

Roger Grenier

L'écrivain et conseiller littéraire Roger Grenier est mort

Photographe, journaliste, écrivain, Roger Grenier était conseiller littéraire chez Gallimard depuis 50 ans. Pilier de Saint-Germain-des-Prés, ami de Camus, Gary et Brassaï, passionné par Tchekhov, il laisse une œuvre prolifique, récompensée, notamment par un Prix Femina.

Par Vincy Thomas
avec afp Créé le 08.11.2017 à 22h00

L'écrivain, journaliste, photographe et conseiller littéraire Roger Grenier est décédé mercredi 8 novembre à Paris à l'âge de 98 ans, a annoncé son éditeur Gallimard, en lien avec la famille.

Ami de Camus, de Brassaï, dont leur Correspondance : 1950-1983 a été publiée au printemps dernier, de Romain Gary, Roger Grenier, auteur d'une cinquantaine de livres, était aussi depuis un demi-siècle conseiller littéraire chez Gallimard, où il avait encore un bureau, a-t-on indiqué chez l'éditeur.

Lauréat du Femina

Auteur d'une cinquantaine de livres, Roger Grenier, avait reçu le grand prix de la Société des gens de lettres en 1971 et le grand prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre en 1985. Parmi les nombreuses distinctions obtenues, il a été récompensé par le Prix Femina en 1972 pour Ciné-roman, le Prix Albert-Camus en 1987 pour son essai Albert Camus, soleil et ombre : une biographie intellectuelle et le Prix des Editeurs en 2007 pour son livre de souvenirs Instantanés.

Homme discret et malicieux, peu connu du grand public, il laisse une œuvre prolifique composée de romans, d'essais, notamment sur Tchekhov, de recueils de nouvelles et de livres d'art.

Ses essais étaient souvent inspirés par sonamitié avec des personnalités comme Claude Roy, Pascal Pia ou Albert Camus.

Camus

Né le 19 septembre 1919 à Caen (Calvados), Roger Grenier passe son enfance à Pau (Pyrénées-Atlantiques), qui sera présente dans plusieurs de ses ouvrages. Démobilisé fin 42 après avoir passé trois ans sous les drapeaux, il suit des études de lettres à la Sorbonne, étudie la philosophie avec Gaston Bachelard, gagnant sa vie comme surveillant dans différents écoles et collèges. Il participe à la libération de Paris en août 44.

Ensuite, grâce au hasard de rencontres, comme celle de Camus, il devient journaliste, couvrant les procès de l'épuration. Il travaille d'abord pour la revue de l'auteur de L'étranger, Combat (1944-1947) - "ici, disait-il, tout le monde écrivait. Une vraie succursale de la NRF ! Alors moi aussi..." - puis à France-Soir (1948-1963) et, parallèlement, à la Radiodiffusion-Télévision. On retrouve ses expériences de l'époque dans des livres comme Rôle d'accusé (1949) ou La salle de rédaction (1977).

Pennac

Dans les années 1960, introduit par Claude Roy, il devient lui-même "chasseur de talents" chez Gallimard, où, à partir de 1964, il est conseiller et membre du comité de lecture. Il a été, entre autres, l'éditeur de Sylvie Germain et Daniel Pennac.

Roger Grenier est l'auteur une oeuvre romanesque personnelle féconde commencée avec Les Monstres en 1953 et prolongée au fil des décennies avec La Voie romaine (1960), Une maison place des fêtes (1972), Le miroir des eaux (1975), Un air de famille (1979), La Follia (1980), Il te faudra quitter Florence (1985), La Mare d'Auteuil (1988) et Le Veilleur (2000).

Les années qui passaient ne l'empêchait pas de publier avec régularité, comme la suite de ses Mémoires en 2014 (Instantanés II). Il avait publié son dernier ouvrage en 2015, Paris ma grand'ville, un livre de souvenirs. 

Vrai germanopratin, Roger Grenier habitait à quelques dizaines de mètres de chez Gallimard où il occupait un minuscule bureau, empli, évidemment, de piles de livres. Ce découvreur de textes et d'auteurs était obsédé par les livres: "Tous ces livres... Il me semble qu'un des premiers actes qui soit inséparable de l'attente est la lecture. les yeux cheminent le long d'une ligne et l'esprit attend qu'ils avancent, impatient de savoir ce qui se passera plus loin. Mais il faut patienter. Je fais souvent un rêve dont je n’arrive pas à comprendre le mécanisme. Je rêve que je lis. Je déchiffre une page, et même une ligne, mot après mot" écrivait-il dans Le Palais des livres (2011).

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