Lecture publique

Edouard Philippe : "Une politique de la lecture ne peut être menée seulement par les bibliothèques"

Edouard Philippe, maire du Havre (à gauche), et Xavier Galaup, président de l'ABF (à droite) - Photo Véronique Heurtematte

Edouard Philippe : "Une politique de la lecture ne peut être menée seulement par les bibliothèques"

Le maire du Havre a exposé, samedi 28 janvier, les principes de son action en faveur de la lecture devant les représentants de l'Association des bibliothécaires de France, réunis dans la cité normande pour leur séminaire annuel.
 

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Par Véronique Heurtematte
Créé le 29.01.2017 à 21h36

Edouard Philippe, maire du Havre (Les Républicains), a rencontré, samedi 28 janvier, les représentants de l'Association des bibliothécaires de France (ABF), réunis dans la ville normande à l'occasion de leur séminaire annuel, pour leur exposer les principaux axes de sa politique en faveur du livre et de la lecture.

Avec sa verve habituelle et un sens maîtrisé de la provocation, Edouard Philippe a commencé par déclarer devant les présidents des groupes régionaux de l'ABF et son président national, Xavier Galaup, en réunion dans une salle de la récente médiathèque Oscar Niemeyer, qu'une politique de la lecture ne se réduisait pas à une politique des bibliothèques.
 

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"Ce sont des lieux essentiels, mais une grande politique de la lecture et du livre ne peut être menée seulement par les bibliothèques, a justifié le maire. Au Havre, où tous les indicateurs sociaux sont inférieurs aux moyennes nationales, c'est un défi à la fois économique, social, intellectuel que nous devons relever. Nous avons choisi de promouvoir la lecture sous toutes ses formes, réussite scolaire, apprentissage professionnel, lecture plaisir, et auprès de tous les habitants, y compris ceux que ne savent pas encore qu'ils aiment lire".

Le maire a détaillé les principales actions de cette politique entamée en 2012 et baptisée "Lire au Havre" : le travail avec les libraires, associés à toutes les grandes manifestations de la ville, le festival "Le goût des autres", les "relais lecture", des fonds de quelques centaines de livres situés dans des lieux accueillant du public, les "livres nomades", des présentoirs installés chez les commerçants où chacun peut prendre et apporter des livres, ou encore "Domicilivres" un service assuré par des Jeunes effectuant leur service civique qui apportent à une centaine de personnes en situation d'isolement des documents sélectionnés en fonction des goûts de ces dernières.

"Les relais lecture ne remplacent pas les bibliothèques de quartier. Ils en sont complémentaires et ne touchent pas les mêmes personnes, a précisé Edouard Philippe. Quand à Domicilivres, ce n'est pas simplement du portage de documents. Ce qui est essentiel, c'est de créer du lien avec ces personnes isolées".

 

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Il a également évoqué les points de tension avec les équipes, notamment l'ouverture du dimanche, qui a suscité plusieurs mouvements de grève, et le recours à des agents issus de l'animation ou du secteur social pour gérer les relais lecture.

"Je n'ai pas d'objectifs chiffrés et je me fiche de savoir si ça marche ou pas car c'est une politique de long terme, a affirmé le maire. Je suis en revanche exigeant sur la qualité de service, la cohérence et la visibilité de cette politique. Et il se trouve que depuis 2012, la fréquentation et les prêts sont en forte hausse".

Xavier Galaup a salué la dynamique créée par la politique havraise. "C'est une vision globale avec une forte volonté politique et des moyens importants, a apprécié le président de l'ABF. C'est rare de voir une démarche aussi aboutie".

Après l'intervention du maire, les membres de l'ABF ont repris leurs travaux, notamment la réflexion autour d'une éventuelle loi sur les bibliothèques, principal axe du séminaire 2017.

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